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Politique

Rahi: les menaces qui pèsent sur les chrétiens d'Orient risquent d'atteindre les capitales occidentales

WASHINGTON | iloubnan.info / NNA - Le 12 septembre 2014 à 07h39
Les patriarches et le préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales le cardinal Leonardo Sandri, ainsi qu’un nombre de députés et de représentants des partis libanais, des sénateurs américains, des représentants des chrétiens d'Orient et des délégations d'associations chrétiennes ont participé à la seconde journée des discussions, dans le cadre du congrès des patriarches catholiques de l'Orient, organisé à Washington par l'Association IDC (In Defense of Christians) sur le thème de la protection des chrétiens d'Orient, s'est poursuivi au Capitole.
Le prélat maronite a incité, dans son mot, les pays arabes à "agir avant les autres" devant les tragédies subies par les chrétiens d'Orient. Il a aussi poussé la communauté internationale à "prendre des démarches immédiates" pour mettre fin aux massacres.

"La situation est d'autant plus douloureuse avec le silence international devant ce qui se passe", a-t-il regretté, rappelant les propos du pape François selon lequel les chrétiens n'avaient jamais été aussi persécutés et remerciant les Etats-Unis pour leur aide et leur soutien.

Il a alors demandé à la communauté internationale de prendre les mesures nécessaires pour libérer les villages occupés par l'EIIL en Syrie et en Irak, de faciliter le retour des déplacés de Mossoul et de Ninive chez eux, de leur assurer leur sécurité et de mettre un terme à la propagation de la pensée jihadiste.

"Des mesures immédiates sont à prendre! Les menaces qui pèsent aujourd'hui sur la Syrie et l'Irak risquent d'atteindre Washington, Londres et Paris", a-t-il martelé.

"Il faudrait éradiquer les organisations terroristes en Orient et mettre au point un plan global et juste pour permettre aux Chrétiens de reconstruire ce qui a été détruit par le terrorisme. Nous insistons aussi à ce que les droits et la dignité des chrétiens, qui se trouvent en Orient bien avant les musulmans, soient reconnus", a-t-il poursuivi.

En outre, le patriarche Rahi a rappelé que les chrétiens jouaient un rôle "positif" dans la société arabe, eux qui y assurent la modération politique.

"Sans les chrétiens et leurs valeurs, le Moyen-Orient se dirigerait vers des dictatures masquées par des idéologies séculières, ou vers l'Etat Islamique, aussi monstrueux l'un et l'autre", a-t-il averti.

Il a expliqué que le principal problème des régimes politiques arabes est qu'ils ne séparent pas l'Etat de la religion - séparation qui permettrait l'instauration de la liberté, de la modération et de la démocratie.

Selon le prélat maronite, le printemps arabe avait apporté une bouffée d'air frais et d'espoir aux peuples opprimés, "mais les anciennes dictatures et les mouvements islamistes extrémistes ont tué dans l'oeuf cet espoir et ce rêve de démocratie, de réforme économique et de justice sociale".

Il a souligné l'importance de la sauvegarde de l'unité libanaise et de la coexistence, le patriarche a noté qu'aucun printemps arabe ne serait possible sans démocratie et modération, et que les "circonstances existentielles que les chrétiens d'Orient connaissent" confortaient les patriarches d'Orient dans leur détermination à élever leurs voix pour consolider l'unité chrétienne.

Le patriarche syriaque Ignace Youssef III Younane a, quant à lui, signalé que toutes les minorités du Moyen-Orient avaient besoin de protection, mais que les chrétiens étaient particulièrement visés "parce qu'ils s'allient avec l'Occident colonisateur". "Ils sont même accusés d'être les descendants des croisés", a-t-il fait remarquer.

Il s'est remémoré les atrocités subies par les chrétiens d'Irak et perpétrées par ceux qui se font appeler "l'Etat islamique", juste pour leur appartenance religieuse, sous les regards "indifférents" du monde, avant de se demander "pourquoi les pays à majorité musulmane persécutent ceux qui ont des convictions religieuses différentes".

"Ne doit-on pas sonner le tocsin et élever nos voix contre le non respect de la liberté de croyance? S'est-on jamais demandé quelles significations le mot "Jihad" peut-il avoir?" a-t-il interrogé.

Le patriarche Younane a indiqué que l'Islam politique ne faisait aucune différence entre l'Etat et la religion et pourrait bien utiliser la violence au nom de cette dernière. "En acceptant de mêler Etat et religion, les pays occidentaux sont de connivence avec ces groupes et contredisent leurs principes relatifs à la liberté de croyance", a-t-il accusé.

"Mais il semble que les grands pays industrialisés ne se soucient pas des chrétiens d'Orient et ne sont poussés, dans leurs agissements, que par l'opportunité de profiter du pétrole et par leur peur de la montée de l'extrémisme islamiste", a-t-il conclu.

Les sénateurs américains ont, pour leur part, exprimé leur point de vue quant à la persécution des chrétiens d'Orient par les organisations terroristes. Ils ont souligné que l'EIIL et les autres groupes similaires représentaient un grand danger pour le Moyen-0rient en général et ses chrétiens en particulier, affirmant leurs craintes de voir ces groupes arriver à d'autres pays de la région, dont la Jordanie, et appelant à agir rapidement pour combattre le terrorisme et sauvegarder les libertés.

Ils ont enfin révélé qu'un projet de loi relatif à la protection des minorités religieuses du Moyen-Orient se préparait au Congrès Américain.
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Chrétiens d'Orient, #IDC
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