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Petite histoire de la peinture au Liban: La renaissance

iloubnan.info - Le 24 août 2013 à 14h41
Par Abdallah Naaman
 portrait Boutros Dagher Khalil Al-Salîbî
Les artistes de la deuxième génération sont allés à Rome, Paris, Londres et Bruxelles pour se former auprès des grands maîtres. Ainsi Dâwûd al-Qurm (1858-1930), qui dès l’âge de 10 ans dessinait des oiseaux sur les rochers de Ghazîr, part en 1870 à Rome : il a alors douze ans. Son entêtement est tel qu’il parvient à forcer la porte de Roberto Bompiani (1821-1908), peintre officiel du roi d’Italie.
L’incident vaut la peine d’être conté. Dâwûd avait l’intention de montrer ses toiles au grand maître. Maintes fois il essaie d’obtenir une entrevue mais en vain, car les domestiques lui interdisaient l’accès du logis. Un jour, ils jettent ses tableaux par terre. Hurlement de al-Qurm. Le maître sort, voit ce beau désordre et ces tableaux épars. Leur facture soignée le séduit. Il s’empresse de les ramasser lui-même et réserve le meilleur accueil au jeune libanais. Il l’admet dans sa demeure et décide de l’adopter comme disciple à l’exclusion de tout autre.

Citons encore, parmi les précurseurs, Habîb Surûr (1860-1938), Khalîl al-Salîbî (1870-1928) {i} et le père Ni’matallah al-Ma’âdi (1881-1954), formé en Belgique. Le grand mérite de ces artistes aura été d’avoir introduit au Liban les principes de base de la technique artistique, mis en relief l’importance de l’ombre et de la lumière dans le processus d’élaboration, et saisi la quintessence de l’œuvre esthétique. Grâce à eux, la forme, qui jusque-là restait inerte et figée, est devenue vivante, expressive, évocatrice.

Si Khalîl al-Salîbi délaisse le classicisme pour se laisser prendre par l’impressionnisme au point de négliger parfois le dessin au profit de la grâce et de la fraîcheur, al-Qurm, Surûr et Al-Ma’âdi consacrent leur talent à exécuter des tableaux religieux, des portraits et parfois des natures mortes (fruits, oiseaux, poissons). Parmi les représentants de cette génération, citons aussi Philippe Mûrâni (1875-1970), resté à Paris, dont l’œuvre, tout en étant de facture classique, rayonne d’une imagination et d’une sensibilité bien orientales. Chukri al-Musawwir (1865-1935), émigre en Amérique et se distingue également par le cachet typiquement oriental de son art.

Extrait d’un portrait de Boutros Dagher, par Khalil Al-Salîbî (1907)

Les chefs de la deuxième génération sont Yûsuf al-Huwayyik (1883-1962), grand initiateur de la sculpture contemporaine au Liban, Jubrân Khalîl Jubrân (1883-1931), Yûsuf Ghusûb (1898-1967) et Georges al-Qurm (1896-1971), fils de Dâwûd. Al-Hûwayyik, formé à Rome et à Paris, essaie de réaliser en lui la symbiose de deux styles tout à fait hétérogènes, le style léger et gracieux de la Renaissance italienne et celui tourmenté d’Auguste Rodin (1840-1917). La peinture de Jubrân est en étroite relation avec celle de Léonard de Vinci (1452-1519) et intiment apprentée à celle de l’anglais William Blake (1757-1827), le peintre mystique du XIXe siècle. Sa vigoureuse originalité lui permet toutefois de rester indépendant et de l’un et de l’autre.

Appartient aussi à cette génération, le sculpteur Yûsuf Ghusûb (1898-1967) qui a reçu sa formation de base auprès de l’Égyptien Mahmûd Mukhâr (1891-1934) avant d’affiner son apprentissage à Paris et à Rome (1927-1935). Son style est dans la ligne de l’académisme traditionnel. Il a laissé plus de cent sculptures et statues au Liban, en Syrie et en Palestine. Il faut enfin classer dans ce groupe Georges al-Qurm qui a pratiqué non seulement le dessin classique, mais a écrit des études sur l’art et les artistes.

{i} est assassiné avec sa femme américaine Carrie Aude, qui est aussi sa muse, le 7 juillet 1928. La cause de la mort était un conflit sur le droit d’usage d’une source d’eau à Btallûn, village natal de l’artiste.
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#Histoire_de_la_peinture_au_Liban
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