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Le Liban dans le partenariat euro-méditerranéen

iloubnan.info - Le 24 aot 2013 à 00h14
 partenariat euro méditerranéen
Plus de soixante ans après sa naissance, l’Europe n’a pas fini de se construire. Alors qu’elle intègre de manière régulière de nouveaux membres, elle n’hésite pas à tisser des liens avec ses voisins. Le partenariat euro-méditerranéen signé à Barcelone en 1995 constitue une des structures de coopération régionale. Les pays signataires sont la Turquie, la Syrie, le Liban, l’Autorité palestinienne, Israël, la Jordanie, l’Egypte, la Tunisie, l’Algérie et le Maroc.
Aujourd’hui, l’Europe a lancé la Politique Européenne de Voisinage (PEV), un prolongement du partenariat.
Qu’est ce que le partenariat ?

Le partenariat euro-méditerranéen est formé de trois volets principaux : un volet économique, un volet politique et un volet culturel.

Le volet économique tend à établir « une zone de prospérité partagée » entre l’Union Européenne d’une part, et les pays du sud du bassin méditerranéen de l’autre. Il s’agit de créer une zone de libre-échange en abolissant les barrières douanières entre les différents pays afin de permettre la libre circulation des marchandises entre les différents pays.

Mais pour que ce volet économique puisse donner pleinement ses fruits, des mesures doivent être prises en parallèle. Les pays du sud de la méditerranée devront introduire des réformes à plusieurs niveaux pour optimiser leur rendement : respect des Droits de l’Homme, indépendance de la Justice, réforme administrative, liberté d’expression… des mesures que les pays partenaires tentent d’appliquer tant bien que mal.

Mais le partenariat n’a pas uniquement un but économique. Sur le plan politique, l’Europe tend à « définir un espace commun de paix et de stabilité » dans son voisinage , condition sine qua none pour tout essor économique et pour toute prospérité dans la région. La plus grande zone de conflit dans la région reste le Moyen-Orient. L’Union Européenne tend, notamment par le biais de ce partenariat, de résoudre le conflit qui oppose les pays arabes à Israël.

Quant au troisième volet, il consiste à « favoriser la compréhension entre les cultures et les échanges entre les sociétés civiles ». De nombreux programmes ont été mis en place dans ce but et qui comprennent des domaines diversifiés qui vont de la musique et de l’encouragement de la réalisation de projets cinématographiques à la préservation du patrimoine.

Le Liban et le partenariat

Le Liban est encore au début du processus de coopération avec l’Union Européenne. Ce n’est que dernièrement que le traité a été ratifié par les derniers parlements européens réticents. En attendant cette ratification, le Liban et l’Union Européenne avaient signé en 2003 un accord commercial intérimaire, prévoyant la réduction progressive des droits de douane sur les marchandises européennes sur une période de douze ans, contre une abolition immédiate des droits de douane sur les marchandises libanaises arrivant sur le marché européen.

Mais de nombreuses barrières non douanières font face aux marchandises libanaises. En effet, bon nombre de produits agricoles libanais ne sont pas aux normes européennes, notamment dans le secteur de l’agro-alimentaire. Il s’ensuit que les marchandises libanaises sont fréquemment renvoyées lors de leur arrivée aux frontières de l’Europe !

Pour parer à cette situation, l’Union européenne met en place des programmes de contrôle de qualité en partenariat avec les ministères libanais concernés, les agriculteurs et les organismes de contrôle.

Dans le cadre de la consolidation de la démocratie et de la participation des collectivités locales aux efforts de développement, l’Union Européenne a prévu des plans de développement local établis par les élus municipaux et par une plateforme consultative formée de représentants la société civile. Ce projet a permis de tisser les liens entre la population et les représentants locaux, et entre les différentes municipalités qui se sont entraidées pour la mise en place d’un plan d’action de développement local. Il a aussi introduit la notion de planification dans la manière de faire de plusieurs municipalités, mais aussi la notion de travail avec des experts pour la mise en place de tels plans de développement local. Ces plans d’action de développement local tentent de classer les priorités de développement et de trouver la vocation de chacun région : tourisme, agriculture…

Pour ce qui est de la réforme administrative, le Liban semble en retard par rapport à d’autres pays de la région. Ainsi, à titre d’exemple, la Tunisie a déjà mis en place le système de guichet unique (alors que le Liban fait prospérer son système de guichet multiple !).

La coopération entre les deux rives de la Méditerranée peut prendre plusieurs formes : elle peut être bilatérale, entre l’Union Européenne et un pays partenaire ; elle peut être aussi multilatérale, incluant plusieurs partenaires.

Mais l’Union Européenne a voulu pousser la coopération avec ses voisins beaucoup plus loin. Par le biais de la Politique Européenne de Voisinage (PEV), elle voudrait tisser des liens encore plus étroits avec ses voisins, méditerranéens, mais aussi continentaux.

La PEV semble être un élargissement du partenariat. Elle permet, à long terme, d’accéder aux quatre libertés, la libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des personnes.

Mais, pour pouvoir accéder à ce grand marché européen, l’Union a demandé à ses partenaires de mettre en place des plans d’action nationaux qui détaillent les efforts des pays candidats à ce voisinage en matière économique, de justice, de droits de l’homme, de liberté d’expression… Ces plans d’action sont mis en place par les gouvernements, ils doivent être soumis par la suite à l’Union Européenne. Le Liban, à cette date, n’a pas encore soumis de plan d’action, alors que la Tunisie, le Maroc, la Jordanie, l’Autorité palestinienne et Israël l’ont déjà fait.

Pour arriver à de résultats concrets dans le cadre de la coopération avec l’Union Européenne, il est clair que des efforts conjoints doivent être effectués par toutes les parties. Les gouvernements des pays du Sud de la Méditerranée en particulier. Y compris le Liban. Sans ces efforts, notamment en matière d’agriculture et d’industrie, l’ouverture des marchés pourrait provoquer la disparition des artisans, des industriels et des agriculteurs libanais face à l’afflux des produits de meilleure qualité et moins chers en provenance du vieux continent et de ses partenaires.
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#système_politique_libanais
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