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  Sur la route des villages
Daroun-Harissa
 
Dans la nature

village
Crédit photo: Conrad Lau
«Pendant longtemps, l’agriculture fut la principale source de revenue des villageois, explique le maire, Antoine Chemaly. Ils produisaient des légumes, des fruits, des olives. Il faut savoir que Daraoun a pris son nom il y a plus de 500 ans mais des hommes vivaient ici dès l’époque phénicienne».
L’une des plus anciennes bâtisses du village et la mieux conservée date du XVIIIème siècle. Elle fut le domaine du Comte Hosn de Khazen qui reçut son titre de noblesse des mains de Louis XIV. Entourée d’un immense jardin, elle est désormais la propriété de Fadi Chayad qui l’a entièrement restaurée. Depuis quelques mois, il y organise des évènements mondains, notamment des mariages. « Ca marche très bien, dit-il, le cadre séduit énormément de monde ». Situé en pleine nature et doté d’une vue imprenable sur la côte méditerranéenne, l’endroit ne manque affectivement pas d’atouts pour les jeunes couples qui en ont les moyens : 4000 dollars la location pour la nuit.

Mais si la beauté du paysage, attire les amoureux et les touristes, elle n’est pas la seule raison à leur venue. Daraoun, paradis des passionnés de la nature, paradis des imprimeurs, est aussi connue comme : « Le Vatican du Moyen-Orient ». Sur quelques dizaines de kilomètres, pas moins de 18 églises et de 10 couvents se sont implantés. Toutes les obédiences catholiques y sont représentées : latins, franciscains, syriaques catholiques, maronites, catholiques romains. Le 1er couvent, Saint Joseph al Harf, a ouvert ses portes en 1765. Puis se fut le couvent Antoine de Padova. Puis Saint-Paul. Aujourd’hui, une soixantaine de religieux réside dans les enceintes de la bourgade et un hôtel s’est même spécialisé dans la réception des pèlerins de passage. « Nous avons décidé de nous installer ici car nous sommes au cœur de la région chrétienne mais aussi et surtout, parce que c’est un endroit très beau. On a tout simplement choisi la meilleur place », s’amuse Monseigneur Gabriel Dib, 68 ans, supérieur du séminaire du couvent syriaque de Charfeh.

Ralph, étudiant à l’université de Jbeil, remercie d’Eglise de tant aimer son petit village. « Grâce à tous les monuments qu’il y a ici, nous accueillons énormément de visiteurs et cela nous permet de nouer des contacts. Aujourd’hui, j’ai des amis aux quatre coins de la planète ». Bientôt, il ira leur rendre visite aux Etats-Unis mais d’abord il doit d’abord finir ses études de graphisme et faire ses premiers pas dans le monde du travail. Comme ses parents, il sera imprimeur.

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