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  Reportage
Baalbeck
Par Élodie Morel Lebbos
Le 12 décembre 2007
 
On peut avoir déambulé à travers le monde et contemplé quantité de vestiges millénaires, on ne peut pas rester indifférent ou blasé quand on se retrouve à Baalbek. Ces ruines gréco-romaines sont tout simplement gigantesques et leur beauté est saisissante.
 
Un peu d’histoire

reportage
Crédit photo: Tony Hage
Située à 86 km de Beyrouth, Baalbek aurait été fondée par les Phéniciens vers la fin du 3e millénaire avant Jésus Christ, en bordure de la plaine de la Békaa. La ville bénéficie alors de la présence de deux sources d’eau : Ras el Aïn au sud est et Aïn Lajouj à l’est. Cet environnement était très apprécié des marchands qui circulaient entre la Mésopotamie, l’Egypte et la Méditerranée orientale. Implantée à une altitude de 1150m, la cité se trouvait en effet en plein sur le passage des caravaniers et des commerçants : ils pouvaient s’y arrêter et s’y reposer. La ville doit son nom au dieu Baal. Selon les phéniciens qui le vénéraient, Baal pouvait envoyer pluie ou sécheresse, et décider de la fertilité de la terre. Deux autres divinités étaient adorées à Baalbek : la déesse Atargatis et un jeune dieu de la végétation et du bétail.

Pendant l’époque hellénistique (de 333 à 64 avant JC), les Grecs décidèrent d’adorer Hélios (le dieu grec du soleil) à la place de Baal. Certains spécialistes pensent que c’est à ce moment que Baalbek fut rebaptisée Héliopolis (ville du soleil). D’autres experts s’accordent à dire que ce nom lui a été donné par les Romains, pendant la période romaine de la région (dès 64 avant JC.)

Plusieurs civilisations se sont ainsi succédées à Baalbek et chacune a lancé des constructions dans ce sanctuaire. Ce sont les Romain qui ont voulu faire de Baalbek un centre de culte grandiose et qui lui ont donné l’apparence qu’on lui connaît aujourd’hui. Vers 16 avant JC, ils ont entamé la construction de trois temples (dédiés à Jupiter, Bacchus et Vénus), en commençant par celui de Jupiter. L’ensemble du complexe a été inauguré au 3e siècle.

Des travaux d’embellissement du site ont été menés jusqu’au début du 4e siècle. A ce moment là, l’empereur Constantin (307-337) se convertit au Christianisme et les cultes païens sont abandonnés, ainsi que le complexe des trois temples. Au fil du temps, ceux-ci ont souffert non seulement de l’absence d’entretien, mais aussi des tremblements de terre. Les romains convertis au christianisme détruirent les statues païennes et construirent une basilique et une église. Le temple de Vénus fut transformé en chapelle. Plus tard, le site fut très abîmé par les bombardements lors des différentes guerres ayant eu lieu au Liban. Des travaux de restauration de grande ampleur ont permis de donner au site son apparence actuelle.

En 1984, le site de Baalbek a été inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco selon les critères suivants : il représente « un chef-d’œuvre du génie créateur humain » et il offre « un exemple éminent d’un type de construction ou d’ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l’histoire humaine ».

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