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  Reportage
Tyr
Par Élodie Morel Lebbos
Le 12 décembre 2007
 
Le nom de Tyr vient de « Sor », qui veut dire « rocher » en Phénicien. En effet, la ville se trouve sur un rocher, sur la côte, à environ 70 km au sud de Beyrouth. Dans l’Antiquité, Tyr était partagé en deux parties. L’une se trouvait sur une île, l’autre sur la côte. Les deux parties étaient éloignées d’environ 600 mètres et reliées par une bande de sable.
 

reportage

Les origines de la Tyr ne sont pas encore connues avec certitude, mais selon certains archéologues, sa fondation pourrait remonter au début du 3e millénaire avant Jésus Christ (vers -2750). Au fil des nombreuse fouilles qui se sont succédées à Tyr dès 1861, des sondages ont été effectués dans les sols du centre de la ville insulaire (On pense en effet que les premiers habitants de Tyr occupaient la partie insulaire de la ville). Ces sondages ont fait apparaître de nombreux niveaux de fondations (phéniciennes, hellénistiques, romaines, byzantines, arabes, franques…), dont le plus ancien remonterait au premier quart du troisième millénaire. Au début du 2ème millénaire, Tyr n’a pas de rôle historique important dans la région. Les textes égyptiens parlent d’elle comme d’une ville à la situation méridionale stratégique. Mais elle n’est qu’un petit port permettant de faire escale entre les côtes égyptiennes et la ville de Byblos. Dès la deuxième moitié du 2e millénaire (au cours d’une période située aux alentours de -1500 à -1100), Tyr profite de sa position de port stratégique et développe son commerce et son activité industrielle (industrie du verre transparent notamment et technique d’extraction de la pourpre), grâce à ses liens avec les autres villes du Levant.

Cependant, il faut attendre le 10e siècle avant JC pour que Tyr connaisse véritablement son âge d’or. A cette période, le roi Hiram Ier, (qui a aidé Salomon dans la construction du temple de Jérusalem), fait construire dans la ville le temple de Melkart, ainsi que deux ports : le port sidonien au Nord (encore utilisé aujourd’hui) et le port égyptien au sud (désaffecté depuis l’époque byzantine). Le temple de Melkart n’a aujourd’hui toujours pas été découvert, on pense qu’il se trouve sous la cathédrale des croisés, où l’on a déjà découvert des vestiges phéniciens. Cette période du 10e siècle est vraiment marquée par l’épanouissement commercial et culturel de Tyr. Elle s’unit avec sa voisine Sidon (entre le 10e et le 9e siècle avant JC). Elle possède alors une puissante flotte commerciale et militaire. Cela finit par attirer sur elle la convoitise et des ennemis. Elle va subir plusieurs vagues d’invasions. A la fin du 8e siècle avant JC, c’est l’invasion assyrienne. Sidon refuse de coopérer avec les assyriens et se sépare de Tyr, d’où un affaiblissement commercial et politique pour les deux villes. Mais l’activité commerciale de Tyr continue d’évoluer, jusqu’à l’arrivée d’Alexandre le Grand vers 333 avant JC, après sa victoire sur les Perses. Sur la côte phéniciennes, les cités choisissent de se rallier pacifiquement à lui. Sauf Tyr, qui résiste. En 332, Alexandre le Grand lui impose un siège de sept mois. Il parvient à élargir la digue reliant la ville insulaire au continent. Tyr sera finalement conquise par Alexandre. Après la mort de ce dernier, c’est Ptolémée Ier qui occupera Tyr et les autres cités phéniciennes. Pendant les siècles qui suivront, les dynasties successives se déchireront lors de conflits qui les affaibliront. Finalement, en -64, Tyr passera sous la domination de Rome.

C’est justement au cours de l’époque romaine que Tyr connut une grande activité en matière d’urbanisation. Cette période laisse plusieurs vestiges, qui ont fait l’objet d’importants travaux de restauration. Parmi ces constructions romaines : l’hippodrome, qui compte parmi les plus vastes de l’époque, mais qui malheureusement n’est pas terminé.

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