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Le tourisme au Liban mis en péril par la situation politique du pays
Le 04 novembre 2007
 
Il vit dans la crainte des assassinats : le ministre du Tourisme libanais Joseph Sarkis quitte rarement son domicile des collines des environs de Beyrouth. Il tente pourtant de convaincre les touristes étrangers que le pays est sûr et qu’ils peuvent venir le visiter. Il sait que ce n’est pas tâche facile, après la guerre de l’été 2006 entre Israël et le Hezbollah, quand l’aéroport a brutalement fermé, un événement qui a retenu prisonniers des dizaines de milliers de touristes qui ont alors dû évacuer le pays par bateau. Mais « c’est incroyable de voir comment, malgré tout, les touristes continuent à venir ; ils tentent leur chance », a déclaré Joesph Sarkis à l’agence de presse Reuters fin octobre, alors qu’il se trouvait dans son village chrétien de Roumieh, dans son domicile protégé par des militaires.

Le tourisme a plongé depuis la guerre qui a entraîné le pays dans une inextricable crise politique, aggravée par les assassinats de trois députés antisyriens et les combats de cinq semaines menés par l’armée libanaise pour écraser les militants du Fatah al Islam dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr al Bared dans le Nord du Pays.

Sarkis et ses collègues de la majorité prennent des mesures de sécurité élaborées pour échapper à ce qu’ils considèrent comme des « attentats d’inspiration syrienne », alors même que Damas nie toute implication dans ces attaques. Dans un climat aussi tendu, même les Libanais expatriés (dont beaucoup ont une deuxième nationalité), qui représentent une bonne partie des touristes, semblent aujourd’hui avoir bien besoin d’être rassurés. Les chaînes télévisées libanaises diffusent régulièrement à leur attention des spots publicitaires sponsorisés par le ministère du Tourisme. L’un de ces films montre, à l’aéroport de Beyrouth, des Libanais accueillant le retour de parents avec beaucoup d’émotion. Le slogan dit que « le Liban est l’endroit le plus sûr du monde, dans les bras de ceux que vous aimez ». Sarkis affirme quant à lui que ces différents spots publicitaires cherchent à diffuser comme message que le Liban « est bien connu pour l’hospitalité de son peuple. Nous aimons recevoir des étrangers, leur donner un baiser et les faire se sentir comme chez eux ».

Un potentiel touristique

Le Liban a incontestablement un potentiel touristique, avec sa vie nocturne animée, sa cuisine, ses plages, ses pistes de ski, ses ruines antiques… mais Sarkis reconnaît que pour relancer cette industrie, il faut attendre l’issue de la bataille menée pour élire un président avant la fin du mandat de l’actuel président pro-syrien Emile Lahoud le 23 novembre. Selon le ministre du Tourisme, l’opposition pourrait organiser des manifestations dans les rues ou même fermer l’aéroport si le Parlement devait élire un président qui ne lui convient pas.
L’unique aéroport du pays est la route la plus facile pour entrer ou sortir du Liban, dont les voisins sont la Syrie et Israel. « On ne peut pas vraiment faire de prévisions, mais je pense que si nous avons un nouveau président, accepté de la majorité comme de l’opposition, le Liban devrait reprendre son activité touristique » explique Sarkis.
Le Liban a attiré à peine plus d’un million de visiteurs l’an passé, quand la guerre a durement malmené 1,6 millions de touristes et 4 millions de revenus et d’investissements dans des projets touristiques. On s’attendait à ce que le tourisme génère 12 % du rendement de l’économie. Près de 767 000 touristes sont venus les neuf premiers mois de 2007. Sarkis espère pour l’ensemble de l’année un total d’à peu près un million.

Comme d’habitude, environ 40 % des visiteurs de l’année étaient arabes, 25 % européens et le reste venait d’un peu partout dans le monde.

Selon Sarkis, très peu sont venus en groupes organisés, ce qui reflète bien les craintes sécuritaires des tours operators, mais il espère conserver le Liban sur la carte du tourisme mondial, jusqu’au retour de jours meilleurs.

« Nous devons expliquer que ce qui se passe au Liban est temporaire… et montrer la véritable image du pays, pas celui que les gens voient comme un pays en guerre, marqué par les assassinat et le terrorisme ».
 
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