Parmi les co-fondateurs de l’
AFPI, il y a Zahi Moussalli. Ingénieur des travaux publics de formation, il a choisi au milieu des années 1980 de s’orienter vers les NTIC, alors à l’aube de leur essor. Il arrive en France en 1979, où il entre à l’école supérieure des travaux publics : il rêve de rentrer au Liban pour reconstruire son pays. Mais quand il obtient son diplôme en 85, la guerre y fait toujours rage. Finalement, il choisit de rester en France et de se tourner vers autre chose, à savoir les NTIC. En 1991, il crée avec une dizaine de professionnels l’Association franco libanaise des professionnels de l’informatique, l’AFPI. « L’esprit de cette association est de générer une action apolitique, regroupant des gens de bords et de religions différentes, raconte-t-il. C’est aussi à cette date que la reconstruction du Liban commence. On s’est dit qu’il fallait construire non seulement l’infrastructure du pays mais aussi y favoriser l’émergence des NTIC. »
Aujourd’hui, l’association compte environ deux cents membres en France, adhérents et sympathisants franco-libanais, mais aussi pour 20 % français de souche. Ces professionnels représentent aujourd’hui plus de cinquante entreprises, dans tous les métiers des NTIC.
L’action de l’AFPI s’exerce selon quatre grands axes : l’aide à la formation (stages et séminaires), aide à l’accès au marché du travail, la vie du réseau, et bien sûr la communication pour faire connaître l’association.
Enrichir le savoir-faire des Libanais au Liban
L’association favorise un cursus de formation au Liban avec l’aide du Cnam (avec un professeur libanais du Cnam qui a aidé à mettre en place un cursus pour des élèves au Liban). A l’issu de ce cursus, les élèves obtiennent un diplôme reconnu par le Cnam en France.
L’AFPI a aussi mis en place au Liban un système de formations payantes (cette fois non diplômantes) sur différents thèmes comme la sécurité bancaire. Il s’agit de séminaires donnés par des professionnels membres de l’AFPI, et organisés avec des partenaires comme l’ABL qui fait venir ses propres professionnels pour qu’ils suivent le séminaire. L’idée est de faire bénéficier aux professionnels libanais de la mise à jour des connaissances. Ces séminaires remportent un grand succès.
Depuis deux ans, L’AFPI a mis en place avec l’association libanaise Koudourat (dédiée à la lutte contre le chômage) un programme de coaching et de mentoring pour les étudiants de 3e et 4e années d’informatique à l’Université libanaise à Fanar et Hadath. L’idée est d’aider ces étudiants, en fin de cursus, à entrer dans le marché du travail, par différents moyens : par exemple en leur proposant un système de coaching de professionnels qui, bien implantés dans le monde de l’entreprise, peuvent aider les étudiants à rédiger un CV, trouver pour la fin de leur cursus les formations porteuses d’avenir, bien préparer un entretien d’embauche, etc… Deux cents étudiants environs profitent de ce coaching à l’Université libanaise.
« Aujourd’hui, l’AFPI réfléchit au moyen de créer des plate-formes de compétences offshore au Liban pour y créer et y conserver l’emploi, afin d’aider à stopper le flux d’émigration, poursuit Zahi Moussalli. Car le danger en instruisant les Libanais, c’est qu’ils ne trouvent pas d’emploi à leur mesure sur place et qu’ils soient obligés d’émigrer ! »
Soutenir la diaspora
L’association réfléchit au marché du travail et aide les Libanais de France à trouver du travail, ou des stages quand ils sont étudiants et en fin de cursus. « Pour favoriser ces contacts, nous cherchons à faire vivre notre réseau interne, explique Zahi, en organisant des réunions pour présenter telle ou telle entreprise et créer de nouvelles connexions. »
Dans la situation extrême de la guerre de juillet 2006, l’AFPI a pu également pu sortir de son champ d’action principal et mettre en place avec Koudourat un système de dons, que Koudourat a distribués aux réfugiés.