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  Tribune libre
Ali, Omar et leurs coéquipiers unissent les Libanais au Koweït
Le 17 juin 2008, Par Mhamad Ezzedine
 


Si le Riyadi Beyrouth n’a pas remporté la coupe d’Asie qui se tenait au Koweït du 8 au 19 mai, il a néanmoins montré et prouvé que les Libanais de tous bords et de toutes confessions pouvaient formidablement s’unir autour d’une cause nationale. Cela vaut amplement tous les trophées du monde.

Le Riyadi hautement fédérateur. Au Koweït, les supporters libanais de la Manara, de toutes confessions, de tous les bords politiques, ont tous entonné à l’unisson le Kulluna lil Watan (toutes et tous pour la patrie), l’hymne national, avant et après chaque rencontre de leur club, faisant en même temps, comme il se doit, flotter très très haut les drapeaux aux deux bandes rouges, frappés d'un Cèdre. Quoi de plus logique réjouissant que d'entendre alors descendre des travées du stade du Qadsieh les cris de: « Ali…, Ali…, Ali… » et « Omar…, Omar…, Omar… », à chaque fois que ceux-ci marquaient un panier aux équipes adverses. Ces enfants du Cèdre n’encouragèrent pas uniquement Ali Mahmoud et Omar Turk mais également Fadi (el Khatib), Ismael (Ahmad), Joe (Vogel), Fouad (Abou Chakra) et tous ceux qui ont contribués aux succès du club sans aucune distinction entre joueurs. Voilà toute la magie de ce mythique club.

Car contrairement aux Libanais résidant toujours au pays, ces supporters ont oublié l'espace d'un match leurs appartenances religieuses et ethniques ainsi que leurs leaders, pour toutes et tous s’unir dans la joie et la peine autour de leur équipe favorite, autour de ce grand club beyrouthin qu’est le Riyadi. Interrogé par iloubnan.info, Jamal Kurdi un jeune supporter de 24 ans ayant mis entre parenthèses son travail pour assister aux matchs, affirme avec enthousiasme que « l’ambiance était grandiose, nous étions tous entre Libanais sans se soucier de qui était chiite, sunnite ou chrétien, et qui était pour tel ou tel parti ».

Au Koweït, il ne fut plus question de gouvernement ou d’opposition, mais du pays du Cèdre et de rien d'autre. Aussi ces Libanais ne chantèrent point à la gloire des 8 et 14 mars. NON ! Bien au contraire ils furent de vrais Libanais, unis par le sang, unis par l’amour de la mère patrie et par une cause unique, alors que leurs amis, leurs familles, leurs voisins au Liban restent divisés sur tout et rien. Alors je vous pose la question : et si les Libanais du Koweït retournaient au Liban et si les Libanais du Liban allaient tout droit au Koweït, ne serait-ce pas mieux pour tout le monde ? Car malheureusement, seuls ceux qui vivent loin de leur pays en connaissent la véritable valeur.
 
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