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Société

Sale temps pour la presse à Bahreïn: ouverture du procès de Nazeeha Saeed

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 20 janvier 2017 à 10h43
La journaliste bahreïnie Nazeeha Saeed. Photo extraite du site web de Reporters Sans Frontières, rsf.org

Le Royaume de Bahreïn (162e sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2016 de Reporters Sans Frontières), s'acharne actuellement sur Nazeeha Saeed, correspondante de France 24 et de Monte Carlo Doualiya. La journaliste bahreïnie est accusée de travailler avec des médias internationaux "sans autorisation". Son procès s’est ouvert lundi, en son absence. L’audience a été ajournée au 28 février prochain. Elle risque une amende allant jusqu’à 1000 dinars bahreïnis (2400 euros), et se trouve sous le coup d'une interdiction de voyager.

Dès le mois de juillet, RSF a demandé aux autorités de "cesser leur harcèlement" à son encontre et de lui permettre de poursuivre son travail.  C'est en effet en juillet dernier que la journaliste avait été convoquée par le Parquet de Bahreïn où elle s’était rendue avec son avocat Hameed Al Mullah, sans être informée des raisons de cette convocation. Après un interrogatoire, Nazeeha avait donc été accusée de travailler illégalement pour des médias internationaux, c’est-à-dire de ne pas avoir obtenu de licence du ministère bahreïni de l’Information. Elle avait demandé fin mars, le renouvellement de ce permis annuel. Il lui avait été refusé le 20 juin dernier prétextant une "mise en cause de sa performance en tant que correspondante au royaume du Bahrein", selon RSF.

On ne sait pas très bien à quoi correspond une "performance en tant que correspondante". En tout cas, selon la journaliste, c’est la première fois en 12 ans que ce permis lui a été refusé.

“RSF demande aux autorités de cesser leur acharnement sur la journaliste bahreïnie et lui permettre de poursuivre son travail en toute légalité” avait déclaré Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient de l'organisation. “RSF condamne les tentatives des autorités d’empêcher la journaliste de travailler, en lui imposant d’abord une interdiction de voyager injustifiée et incomprise, ensuite en l’accusant de travailler illégalement alors qu’elle a toujours été en règle.”

Ce n’est pas la première fois que les autorités bahreïnies s’intéressent à Nazeeha. Disons qu’elle les dérange. Comme le rappelle RSF, elle fait partie de la campagne internationale  #FightImpunity lancée en novembre 2015 par l’organisation pour faire pression sur les autorités et traduire en justice les responsables de crimes contre les journalistes. Nazeeha Saeed est personnellement concernée puisqu’elle lutte pour obtenir justice après avoir été torturée et humiliée pendant 13 heures par des policières en 2011 au poste de police de Rifa’a, lors de sa convocation pour avoir couvert des manifestations à Manama. RSF avait condamné en novembre 2015 la décision arbitraire du ministère de la justice de ne pas poursuivre devant les tribunaux les responsables des actes de torture contre la journaliste sous prétexte d’une "insuffisance de preuves".

Selon RSF, une quinzaine de journalistes et blogueurs sont actuellement emprisonnés au royaume de Bahreïn.

Tags
#Bahrein, #Liberté_de_la_presse, #Manama, #RSF
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