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Société

La galère des sites de rencontre quand on est lesbienne

PARIS | Rue89 - Le 01 octobre 2016 à 09h50
Par Valentin Etancelin

Tinder, Meetic, Happn… Internet grouille de sites de rencontre en tout genre. Muni d’un smartphone, il suffit souvent de télécharger une application et le tour est joué. Quand on est hétéro.

Quand on est homo, c’est moins évident. Ce genre de sites et d’applications proposent certes d’affiner la recherche histoire de tomber sur des personnes du même sexe, mais le nombre de profils suggérés est tout de suite beaucoup plus limité.

Pas forcément les bienvenues

Ils et elles sont donc nombreux à se tourner vers les réseaux sociaux dédiés à la communauté LGBT. Il en existe un certain nombre, comme Grindr, notamment. Mais lorsqu’on est une femme qui aime les femmes, ça coince. La raison ? La grande majorité de ces sites «  gay-friendly  » sont investis par les hommes gays, et parfois même par des hétéros.

Les femmes lesbiennes y sont en minorité et ne s’y sentent pas forcément les bienvenues. Bérénice, 23 ans, raconte :

« Si t’es une une meuf qui ne sort pas beaucoup et que tu n’es pas spécialement extravertie, c’est difficile. »

« Le design était monstrueux »

Bérénice est fleuriste à Paris. Elle est en couple avec Mathilda depuis maintenant six mois. Elles se sont rencontrées sur Internet il y a huit ans. C’était sur Gaypax, un site de rencontre LGBT. 

« Le design était monstrueux. Et puis, il fallait payer pour voir plus rapidement les messages qu’on recevait. »

Pas pratique quand on n’a pas encore de revenus. La jeune femme raconte qu’elle est retournée dessus il y a quelques temps, juste histoire de voir ce que Gaypax était devenu. Le site, toujours ouvert aux homosexuels, grouille cependant de couples libertins, «  de beaufs  », dit-elle. Pas trop sa came, ni celle de sa copine. 

Quant aux applis non spécialisées :

«  Sur Tinder, il y a des filles qui se disent ouvertes aux filles. Mais, au final, elles sont justes curieuses. Ça n’aboutit jamais. »

« C’est bouseux »

Bérénice et Mathilda estiment que réserver un site de rencontre à une communauté n’est pas sectaire. En France, comme à l’étranger, les deux jeunes femmes trouvent que les lesbiennes n’ont pas suffisamment de plateformes pour échanger entre elles. Des sites sur lesquels elles pourraient se confier ou se donner des conseils. Pour Mathilda :

«  C’est essentiel. Ça permet à de jeunes padawanes de s’ouvrir et de se découvrir dans un cadre où elles se sentent en confiance. »

L’offre est limitée, mais pas inexistante. En effet, il existe bien une application de rencontre pour les femmes qui aiment les femmes. Elle s’appelle Wapa, anciennement Brenda. Elle est gratuite et téléchargeable sur tous les smartphones. Mais là aussi, ça coince. Bérénice et Mathilda l’ont testée : « C’est bouseux. » Bérénice détaille :

«  Le problème c’est que tu ne peux voir qu’un nombre limité de filles qui sont dans les environs. »

Pas de chance donc si les filles qui sont à proximité de chez vous ne vous attirent pas. Il faudra faire avec ou payer. Son offre premium permet effectivement d’avoir accès à plus de profils. 

Premier réseau social lesbien

Nathalie Erb, ancienne directrice artistique et webdesigneuse de formation, a quant à elle monté le premier réseau social lesbien français, LezGirls, il y a un peu plus d’un an. Ce sont toutes les idées précédemment évoquées qui l’y ont poussée.

Ouverte depuis un an, la plateforme ne compte que 300 inscrites, mais plus de 1 700 connexions sont enregistrées chaque jour (l’engagement est fort).

Sur LezGirls, les femmes peuvent échanger et se rencontrer. En parallèle de cette zone «  rencontre  », la plateforme offre à ses utilisatrices des contenus sur la culture lesbienne. Le site fait également appel à des auteurs érotiques émergents pour sa section intitulée «  Lez Mag Hot  ».

Le site est payant et propose plusieurs offres d’abonnement, aux noms très explicites «  Emotion  », «  Tentation  », «  Addiction  »… Le prix des abonnements (jusqu’à 40 euros pour six mois) est censé dissuader les voyeurs et autres personnes malveillantes. 

« Des femmes accomplies »

Nathalie Erb raconte que la plupart des inscrites ont entre 30 et 45 ans. Elles sont journalistes, travaillent dans les médias et l’enseignement pour la plupart. 

« Des femmes accomplies, bien dans leur tête. »

Depuis son lancement, le site a évolué. Sa créatrice est très à l’écoute de ses utilisatrices. C’est d’ailleurs Nathalie Erb qui valide individuellement chacune des demandes d’inscription.

« Nous ne sommes pas dans la quantité mais dans la qualité des profils. »

Dans l’ensemble, les utilisatrices sont satisfaites. Elles en ont pour leur argent.

Mais voilà, de l’argent que Bérénice, notre fleuriste, ne serait visiblement pas prête à dépenser si elle était célibataire : 

« Faut vraiment être désespérée. »

PUBLIÉ INITIALEMENT SUR
Rue89
Tags
#femme, #Lesbienne, #LGBT
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1 Commentaires
houari
09 octobre 2016 à 20h40
Rencontrer des gens pour de vrai c'est tellement plus simple et .... Gratuit.
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