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Société

Le siège et la famine, armes de guerre désormais systématiques en Syrie

BEYROUTH | iloubnan.info, avec agences - Le 18 janvier 2016 à 09h09

La Sous-Secrétaire générale de l'ONU pour les affaires humanitaires et coordonnatrice adjointe des secours d'urgence, Kyung-wha Kang, a vivement dénoncé vendredi la tactique consistant à assiéger des villes et affamer leurs habitants utilisée dans le conflit en Syrie.

"Ces derniers jours, la ville syrienne de Madaya a choqué la conscience du monde avec ces images atroces de malnutrition et de faim", a-t-elle dit dans un compte-rendu au Conseil de sécurité. "Malheureusement, le recours aux sièges et à la famine comme armes de guerre est devenu routinier et systématique en Syrie, avec des conséquences dévastatrices pour les civils", a-t-elle ajouté.

"La barbarie de cette tactique ne peut être exagérée. En assiégeant des villes et des villages civils, les parties au conflit ont lancé une guerre cruelle contre des hommes, des femmes et des enfants ordinaires, avec une indifférence totale pour la vie, la santé et le bien-être", a poursuivi Mme Kang.

"Un siège qui refuse aux personnes l'accès aux nécessités les plus essentielles est illégal, inacceptable et impensable. Il ne peut y avoir aucune raison ou justification, aucune explication ou excuse, pour empêcher que l'aide humanitaire atteigne les personnes dans le besoin. C'est une grave violation du droit international et cela doit cesser immédiatement", a-t-elle affirmé.

Mme Kang a souligné que la situation à Madaya, ville où des habitants sont morts de faim et des cas de grave malnutrition ont été constatés chez les enfants par les équipes de l'ONU, "n'est pas unique". Environ 400.000 personnes en Syrie sont prises au piège dans des zones assiégées par les diverses parties au conflit, a-t-elle rappelé.

Ceci inclut, a-t-elle précisé, "des villes et villages assiégés par l'EIIL (Etat islamique en Iraq et au Levant, aussi appelé Daech), par les forces du gouvernement et de ses alliés et par des groupes armés non étatiques comme le Front al-Nusra". Globalement, les Nations Unies estiment que 4,5 millions de personnes résident dans des zones de Syrie qui sont considérées comme difficiles d'accès et sont asujetties à diverses formes de restrictions de mouvement qui limitent gravement leur accès aux services et à l'assistance.

S'adressant aux Etats membres du Conseil, Mme Kang leur a rappelé leur "responsabilité de protéger" les populations exposées à des crimes graves et à des crimes de guerre. "Vous ne pouvez pas laisser davantage de gens mourir", a-t-elle dit, estimant qu'il ne peut y avoir aucune alternative à "une solution politique négociée" de ce conflit.

"Ce Conseil, a-t-elle dit, et toutes les parties prenantes, en particulier celles qui soutiennent les parties au conflit, doivent mettre de côté leurs divergences et mettre la Syrie sur le chemin de la paix". En attendant, elle a réitéré l'appel du Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Stephen O'Brien, à toutes les parties au conflit à "mettre fin immédiatement à la pratique consistant à assiéger et affamer les populations et à adhérer pleinement au droit humanitaire international".

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#Madaya, #Syrie
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