iloubnan.info
( Publicité )
Société

Le monde ouvre lentement les yeux sur Madaya en Syrie

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 07 janvier 2016 à 08h44

La communauté internationale ouvre lentement les yeux sur la situation de Madaya en Syrie. La France a mercredi condamné avec “la plus grande fermeté le siège mené par le régime syrien” contre cette ville située au nord ouest de Damas, près de la frontière libanaise.

La réaction française, exprimée via un communiqué du Quai d’Orsay, arrive assez tard: le siège de Mayada dure depuis environ sept mois. Les résidents y sont isolés, ils y meurent de faim.

Lundi, l'Envoyé britannique pour la Syrie, Gareth Bayley, avait déclaré via qu'affamer les civils est une “tactique inhumaine”. Selon lui, 850 nourrissons ont un besoin urgent en lait. Six bébés sont morts, leurs mères étant incapables de les nourrir. Dix hommes sont morts en essayant de briser le siège de Madaya. De plus, quinze hommes et six enfants ont perdu des membres à cause des mines terrestres plantées.

Dans Madaya l'assiégée, le prix des aliments a atteint une spirale incontrôlable, le kg de riz coûtant jusque 100 $.

M. Bayley a écrit que le siège sur Madaya imposé depuis des mois par des milices soutenant le régime d'Assad affame lentement 40 000 civils jusqu’à la mort.

La coalition nationale de l’opposition syrienne pointe pour sa part explicitement les combattant du Hezbollah, parti libanais armé, allié du régime syrien.

La famine: une tactique habituelle

Ce n’est pas la première fois que la famine est utilisée dans le conflit syrien. On pense notamment au camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk à Damas, qui a déjà fait les frais de cette tactique. Quelques mois après le début du conflit, les residents ont été pris au piège des combats entre les rebelles, les forces du régime puis les combattants de l’Etat islamique. La famine s’est déclarée, les associations caritatives étant dans l’impossibilité d’accéder au camp pour y introduire de la nourriture.  Les résidents mangeaient de l’herbe… quand il en restait.

Hier, Paris a qualifié dans son communiqué la situation à Madaya d’ “insoutenable et inacceptable”. Le Quai d’Orsay a appelé à la “levée immédiate de ce siège et à l'accès d'urgence de l'aide humanitaire à Madaya et à toutes les zones assiégées en Syrie, conformément aux résolutions 2254 et 2258 du conseil de sécurité des Nations unies.”

Le ministère français des Affaires étrangères a dénoncé le fait qu’“alors que les 40 000 habitants de la ville meurent de faim, le régime ne permet l'accès à la ville à aucune organisation humanitaire.”

Depuis des semaines jours, la Coalition nationale des forces d’opposition syriennes exhortent pour sa part les Nations Unies et toute  la communauté internationale à “prendre des mesures immédiates afin de briser le siège imposé par les forces du régime et les milices du Hezbollah sur la ville de Madaya.”

Selon Salah Al Hamwi, membre de la Coalition, une réponse à “la situation tragique à Madaya, où les enfants, les femmes et les personnes âgées sont en train de mourir de faim et de froid, doit être la priorité dans toute solution politique car il s’agit là d’une question purement humanitaire.”

Les alentours de la ville sont minés

“Le siège de Madaya menace la vie de plus de 40 000 civils qui luttent pour survivre au milieu de graves pénuries alimentaires et médicales,” a déclaré M. Al Hamwi. “Les informations provenant de la ville indiquent une catastrophe humanitaire imminente si aucune action n’est lancée. Beaucoup de gens sont déjà morts de faim ces derniers jours. De plus, les souffrances des habitants de la ville sont aggravées par le manque de moyens de chauffage au milieu du froid glacial qui a récemment frappé la ville.”

Selon des activistes cités par la Coalition, cinq personnes sont mortes à Madaya mardi: deux de faim et trois dans une embuscade tendue par les forces du régime alors que les civils tentaient de faire passer de la nourriture dans la ville.

“Plusieurs personnes ont tenté de briser le siège et de se faufiler hors de la ville dans le but d'apporter un peu de nourriture, mais elles n’ont pu y parvenir à cause des mines plantées par les forces pro-régime tout autour de la ville, ” explique-t-on au sein de la Coalition.

Pour Badr Jamous, Membre de l’Organe politique de la Coalition, “les actions du régime d'Assad à Madaya font partie de ses plans pour forcer les résidents de la banlieue de Damas à quitter la région et ainsi induire un changement même politique à Zabadani, Al Waer (Homs) et d'autres régions en Syrie.”

Tags
#Madaya
Donnez votre opinion
0 Commentaires
( Publicité )
( Publicité )
( Publicité )
( Publicité )
( Publicité )
                        
© COPYRIGHT 2018 Par Proximity Agency