iloubnan.info
( Publicité )
Société

A Beyrouth, un avant-après en photos pour exorciser la guerre civile

PARIS | Rue89 - Le 18 décembre 2015 à 10h01
Par Pierre Haski

Que deviennent les combattants d’une guerre civile une fois la paix revenue ? Cette question est d’une actualité brûlante au Moyen-Orient en proie à de nombreux conflits : elle fait l’objet d’un travail artistique surprenant dans un pays qui est déjà passé par là, le Liban.

L’initiative revient à Fighters for Peace (FFP), une ONG libanaise non confessionnelle qui travaille sur les sujets de justice transitionnelle, c’est-à-dire la manière de surmonter les guerres civiles, les violations des droits de l’homme, les abus...

L’exposition qui s’ouvre ce mardi à Beyrouth, intitulée « Transformations », met en scène des personnes engagées dans différents camps de la guerre civile qui a meurtri le Liban entre 1975 et 1990, avec un étonnant montage « avant-après ».

« Je veux toujours sauver mon pays »

Rima Tarabay avait 20 ans à l’époque, et, écrit-elle dans un court texte accompagnant la photo, « j’étais chrétienne et je pensais que défendre le Liban, c’était défendre les chrétiens ». Elle s’occupait des relations presse pour les Forces libanaises, une milice chrétienne.

Aujourd’hui, vivant entre la France et le Liban, elle ajoute :

« J’ai 50 ans, je suis une femme politiquement engagée pour les droits des femmes et pour l’environnement, et je veux améliorer les choses dans mon pays.

J’ai 50 ans, mais je ne suis plus une chrétienne, je suis seulement une Libanaise et je veux toujours sauver mon pays. »

D’anciens combattants de la guerre civile, dans tous les camps, se sont prêtés au jeu, leur photo d’aujourd’hui se superposant à celle de l’époque où ils portaient des armes et n’hésitaient pas à les employer.

Briser un tabou

Le travail photographique fait partie d’un processus plus ambitieux démarré en 2009 avec la production de documentaires sur d’anciens combattants, un sujet sensible car, précise l’une des commissaires de l’exposition, Christina Foerch, même si les accords de Taef qui ont mis fin à la guerre civile garantissent l’immunité aux combattants, ça reste un tabou.

En faisant cette exposition sur « la transformation de guerriers en combattants de la paix », ces hommes issus des différents camps se sont rendu compte que tous, quel que soit leur bord, avaient eu les mêmes problèmes et difficultés d’adaptation après la guerre civile.

Bientôt en ligne

Des interviews filmées de ces anciens combattants sont diffusées sur des écrans à côté de chaque photo. Toute cette matière, mémoire collective d’un Liban relativement apaisé par rapport à cette période de guerre, sera ensuite disponible en ligne.

L’exposition a lieu dans un restaurant de Beyrouth, et pas dans un musée ou une galerie, pour qu’elle soit accessible au plus grand nombre, et elle tournera ensuite à travers le Liban, enrichie d’autres témoignages, d’autres portraits confrontés à ces images d’un passé que chacun espère dépassé.


« Transformations »
Une exposition du 15 au 18 décembre 2015 au restaurant Mezyan, rue Hamra, Beyrouth.

PUBLIÉ INITIALEMENT SUR
Rue89
Tags
#Beyrouth, #Guerre_civile
Donnez votre opinion
0 Commentaires
( Publicité )
( Publicité )
( Publicité )
( Publicité )
( Publicité )
                        
© COPYRIGHT 2017 Par Proximity Agency