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Société

Arabie saoudite : Ashraf Fayadh, poète condamné à mort pour apostasie

BEYROUTH | Le 25 novembre 2015 à 15h56

Un tribunal en Arabie saoudite a condamné à mort un Palestinien pour apostasie le 17 novembre, pour avoir prétendument tenu des propos blasphématoires lors d'une discussion de groupe et dans un recueil de poèmes, a rapporté lundi l'organisation Human Rights Watch.

L'accusé, Ashraf Fayadh, 35 ans, maintient son innocence et a affirmé qu’un autre homme a porté contre lui de fausses accusations auprès de la police religieuse saoudienne, suite à un différend personnel. Fayadh a trente jours pour faire appel du jugement.

"Quels que soient les propos qui auraient été tenus ou non par Ashraf Fayadh, les autorités saoudiennes devrait cesser d'arrêter des personnes en fonction de leurs croyances personnelles", a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de HRW. "Le risque de décapitation encouru par Ashraf Fayadh reflète l’injustice flagrante de ce verdict."

Une pétition est en ligne sur Facebook pour défendre le poète.

Selon le quotidien britannique The Guardian, Ashraf Fayadh, qui est né en Arabie saoudite, est un membre du collectif artistique anglo-saoudien « Edge of Arabia », et a organisé des expositions d'art à Djeddah et à Venise.

Selon les documents relatifs au procès examinés par Human Rights Watch, des membres de la police religieuse saoudienne – le Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice – ont arrêté Ashraf Fayadh à Abha, dans le sud du pays, en août 2013.

Le 26 mai 2014, à l’issue de son procès ayant débuté en février 2014, le Tribunal d’Abha a condamné Ashraf Fayadh à quatre ans de prison et à 800 coups de fouet. Le procureur a fait appel de la décision. Le 17 novembre 2015, un autre juge au Tribunal d'Abha a annulé le précédent verdict, et a condamné Fayadh à mort pour apostasie.

L'Arabie saoudite a exécuté 152 personnes en 2015 ; selon Amnesty International, ce chiffre est le plus élevé depuis 1995. La plupart des exécutions – qui sont publiques dans de nombreux cas – sont effectuées par décapitation.

Human Rights Watch s’oppose en toutes circonstances à la peine de mort, en tant que châtiment cruel et inévitablement lié à des décisions arbitraires voire erronées. En outre, l’article 32 de la Charte arabe des droits de l'homme – ratifiée par l'Arabie saoudite – garantit le droità la liberté d'opinion et d'expression.

"Les autorités saoudiennes devraient immédiatement annuler la peine de mort prononcée contre Ashraf Fayadh, et le remettre en liberté", a ajouté Sarah Leah Whitson.

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#ArabieSaoudite, #PeineCapitale
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