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Société

Migrants : Ban Ki-moon "très inquiet" des restrictions aux frontières imposées par certains Etats

BEYROUTH | iloubnan.info, avec agences - Le 25 novembre 2015 à 10h37

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est dit mardi très inquiet des restrictions aux frontières imposées récemment par un certain nombre d'États dans les Balkans.

« La sélection des demandeurs d'asile sur la base de leur nationalité présumée viole le droit de toute personne à demander l'asile, indépendamment de sa nationalité, et à obtenir que son cas individuel soit entendu », a dit le porte-parole du chef de l'ONU dans une déclaration à la presse.

« Le Secrétaire général appelle tous les États de la région à répondre efficacement aux défis humanitaires croissants et à veiller à ce que leurs politiques en matière de filtrage des demandeurs d'asile soit conforme au droit international des réfugiés et aux droits de l'homme », a-t-il ajouté. « Il exhorte les gouvernements européens à améliorer de manière significative leurs capacités d'accueil et à accélérer la mise en œuvre des programmes de réinstallation pour les réfugiés. Il rappelle que l'expulsion et le refoulement collectifs sont strictement interdits par le droit international ».

Le Secrétaire général a demandé une nouvelle fois à tous les États de la région de réagir avec compassion, solidarité et une responsabilité partagée. Il a noté que la situation actuelle mettait en lumière la nécessité urgente d'une gestion coordonnée des frontières.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s'est également inquiété mardi de l'émergence d'une nouvelle crise humanitaire en Europe en raison des mesures restrictives imposées à plusieurs points de passage frontaliers empruntés par des réfugiés et des migrants dans les Balkans.

« Les conséquences négatives de ces mesures sont déjà notables car des personnes sont désormais bloquées dans certains pays des Balkans sur leur parcours vers d'autres pays en Europe. Il n'y a aucune solution appropriée à leur situation », a déclaré un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'une conférence de presse à Genève.

Vendredi, le HCR, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) avaient publié un communiqué conjoint dans lequel ils jugeaient que les mesures restrictives rendaient la situation intenable.

Les nouvelles restrictions concernent essentiellement les personnes étant filtrées sur la base de leur nationalité présumée.

A la frontière entre la Grèce et l'ex-République yougoslave de Macédoine, et entre ce dernier pays et la Serbie, les ressortissants syriens, afghans et iraquiens sont autorisés à traverser. Les ressortissants d'autres pays ne peuvent pas continuer leur voyage.

« Environ 1.000 personnes sont actuellement bloquées au point d'entrée principal en ex-République yougoslave de Macédoine en provenance de Grèce. La frustration est croissante et des manifestations ont éclaté impliquant quelque 200 personnes – principalement des Iraniens, des Bangladais et des Pakistanais », a expliqué M. Edwards.

Selon lui, environ 60 personnes ont entamé une grève de la faim et 11 personnes se seraient cousu la bouche. Environ 150 personnes sont retournées volontairement ces dernières 48 heures à Athènes où elles ont été informées qu'elles peuvent déposer une demande d'asile.

Selon le porte-parole du HCR, les réfugiés et les migrants vont probablement continuer à arriver en Europe via la Grèce pendant l'hiver.

« En 2016, il est impératif que la situation soit gérée de manière à minimiser les risques de nouveaux problèmes. Toutes les personnes ont le droit de déposer une demande d'asile, indépendamment de leur nationalité, et chacun des cas individuels doit être examiné. Les personnes affectées par des décisions sur leur demande d'asile aux points de passage frontaliers doivent en être informées de manière appropriée et une aide psychosociale doit pouvoir leur être assurée. De plus, des dispositions pour héberger les personnes affectées doivent être mises en œuvre », a dit M. Edwards.

Du fait de la situation actuelle en Grèce, le HCR demeure préoccupé par le fait que ces mesures aux points de passage frontaliers vont essentiellement bénéficier aux passeurs car les personnes bloquées aux frontières cherchent des alternatives à leur situation précaire.

« A l'approche de l'hiver, une stabilisation, ainsi qu'une gestion coordonnée et globale de la crise de l'arrivée en Europe des réfugiés et des migrants, demeurent urgentes », a dit M. Edwards.

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