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Société

Situation humanitaire en Syrie: "le statu quo ne peut pas continuer", selon l'ONU

BEYROUTH | Le 17 novembre 2015 à 10h37
Un camp de déplacés à Alep, en Syrie. Photo: OCHA/Josephine Guerrero

Les Nations Unies et quatre de ses Etats membres ont appelé lundi la communauté internationale à venir en aide aux millions de personnes déplacées par le conflit en Syrie et annoncé la tenue dans ce but d'une conférence internationale en février 2016 à Londres.

« Il incombe à la communauté internationale d'aider les 13,5 millions de personnes vulnérables et déplacées en Syrie, ainsi que les 4,2 millions de Syriens réfugiés dans les pays voisins, et nous devons accentuer nos efforts », ont déclaré conjointement le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Norvège, le Koweït et le Coordonnateur des affaires humanitaires de l'ONU, Stephen O'Brien.

Les contributions financières destinées à cette assistance humanitaire pour 2015 s'élèvent à 3,4 milliards de dollars alors que les besoins ont été estimés à 8,4 milliards, et elles n'ont pas encore atteint leur niveau de l'année dernière, soulignent les cinq auteurs de la déclaration, ajoutant : « En tant que communauté internationale, nous devons faire davantage ».

« Il est temps d'agir ; c'est pourquoi nous organiserons une conférence sur la crise humanitaire syrienne à Londres au début de février 2016, en nous appuyant sur les acquis de précédentes conférences tenues au Koweït », déclarent-ils.

Ils précisent qu'ils inviteront les dirigeants du monde, les organisations non gouvernementales et les représentants de la société civile afin de :

- Lever de nouveaux fonds afin de subvenir aux besoins de tous ceux qui sont affectés par la crise syrienne à l'intérieur du pays et pour aider les pays voisins, qui ont fait preuve d'une grande générosité en accueillant des réfugiés, à faire face à l'impact de la crise.

- Identifier les moyens de financement à long terme, pour couvrir 2016 et les années suivantes.

- S'occuper des besoins à plus long terme des personnes affectées par la crise en trouvant les moyens de créer à leur intention des emplois et de leur fournir une éducation.

Cette Conférence sur la crise syrienne précèdera un Forum de haut niveau sur les déplacements forcés dans les conflits de longue durée organisé par le Royaume-Uni, l'ONU et la Banque mondiale, ainsi que le Sommet humanitaire mondial prévu en mai à Istanbul.

Lors d'une réunion mensuelle du Conseil de sécurité sur la situation humanitaire en Syrie, M. O'Brien a ensuite affirmé que « le statu quo ne peut pas continuer » dans ce pays, rappelant que l'utilisation sans discernement d'armes meurtrières se poursuivait dans ce conflit qui a déjà fait 250.000 morts.

« Le peuple de Syrie mérite mieux que les discussions que nous avons et l'aide que nous lui apportons : il mérite que soit mis fin à cette violence insensée », a-t-il déclaré.

Estimant que les récentes discussions internationales de Vienne apportaient « une lueur d'espoir » que la diplomatie puisse apporter une solution au conflit, il a exhorté le Conseil et les Etats membres qui le peuvent à user de leur influence pour obtenir « la fin du recours aux armes qui tuent sans discernement et l'accès de l'aide humanitaire à toutes les personnes qui en ont besoin en Syrie ».

Lors de la même réunion, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour la lutte contre les violences sexuelles lors des conflits armés, Zainab Hawa Bangura, a déclaré que les violences sexuelles étaient « une caractéristique du conflit syrien » et étaient « utilisées par la plupart des parties belligérantes comme arme de guerre ».

Il est essentiel, a-t-elle dit, que le Conseil de sécurité « place la protection et l'autonomisation des femmes et des filles au centre de sa stratégie de lutte contre le terrorisme, aux niveaux national, régional et mondial ».

La Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants dans les conflits armés, Leila Zerrougui, a décrit la situation désastreuse des enfants en Syrie. Les enfants « continuent d'être tués, mutilés, recrutés et utilisés, enlevés et exploités par les parties au conflit » et « leur avenir est compromis par des attaques contre les écoles », a-t-elle dit.

Selon elle, le nombre d'enfants tués entre le début du conflit en 2011 et 2014 est estimé à 10.000 mais l'on s'attend à ce qu'il augmente de manière spectaculaire en 2015. La plupart de ces enfants, a-t-elle dit, « ont été tués ou blessés dans des attaques effectuées sans discernement contre des zones civiles, par toutes les parties au conflit, en violation du droit humanitaire international ».

« C'est notre responsabilité collective d'appuyer une solution politique au conflit », a-t-elle dit aux représentants des Etats membres du Conseil de sécurité. « Je vous appelle à être la voix des enfants de Syrie et d'agir collectivement pour leur permettre de vivre une vie débarrassée de la peur et de la violence ».

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#ONU, #Syrie
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