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Société

"Beyrouth est Charlie" et Ahmed et Samir et Gebran...

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 13 janvier 2015 à 12h11
Par Cindy Riechau
Environ 200 personnes à Beyrouth ont rejoint la manifestation mondiale "Je suis Charlie" ce dimanche. Dans la capitale libanaise, elle était organisée au centre-ville, place Samir Kassir, nommée d’après le journaliste assassiné en 2005. Pour les Libanais, cette initiative était aussi l’occasion de se souvenir des journalistes qui ont été tués ou pris pour cible ici parce qu’ils disaient des vérités qui dérangent.
Au centre-ville de Beyrouth ce dimanche soir, seules quelques bougies percent l’obscurité pour éclairer différents panneaux brandis par les manifestants. Sur l’un d’eux on peut lire le nom de "Gebran Tueni », un autre journaliste assassiné au Liban il y a bientôt 10 ans.

Pendant environ deux heures, des Libanais ainsi que de nombreux occidentaux sont restés près de la statue de Samir Kassir pour exprimer leurs condoléances, non seulement pour les dessinateurs français qui ont été tués à Paris, mais aussi à tous ceux qui souffrent pour exprimer leurs opinions, dans le monde et au Liban.

Certain brandissent des crayons, beaucoup tiennent des pancartes sur lesquels on peut lire "Je suis Charlie » mais aussi «Je suis Ahmed", "Nous ne sommes pas peur" et "l'Islam ce n’est pas Daesh".

"Nous ne devons pas mélanger les musulmans et les assassins", dit George, un étudiant originaire du Venezuela, qui a grandi en France et passe actuellement un semestre à Beyrouth. "Ils souffrent de ces terroristes comme n’importe qui d’autre. Regardez Ahmed, le policier français, et musulman, qui a été tué lors de l'attaque Charlie Hebdo." Pour George, "Nous devons tous, quelque soit notre religion faire face au terrorisme ".

Les gens restent près du bassin à côté de la statue et derrière le grand ficus sur la place. Avec cette manifestation, les Libanais cherchent aussi à attirer l'attention sur la situation de leur pays concernant la liberté d’expression. «Ce qui est arrivé en France est horrible, mais c’est quelque chose d’assez rare là-bas, alors qu'ici ça arrive tout le temps," rappelle Rami , qui participe à la manifestation.

Steven, un jeune Britannique qui travaille au Liban en ce moment, estime également que le droit de dire ce qu’on pense comme un droit humanitaire de base. Selon lui, Paris et Londres se battent pour ce droit. "Je suis heureux de nombreuses personnes sont venues aujourd'hui», il affirme, mais déplorant en même temps que certains tentent d'exploiter la protestation en diffusant leurs opinions politiques. «Je ne aime pas les gens montrent leurs panneaux anti-Hezbollah, explique le jeune homme. A ses yeux, « aucun parti ne devrait être exclu de la manifestation par d'autres."

A la fin de la manifestation, les participants apportent leurs panneaux au pied de la statue de Samir Kassir. De tout cela, on ne sait pas ce qu’il aurait dit, lui. Quelques soient les remarques émises par beaucoup sur le côté ouvertement et violemment provocateur de Charlie Hebdo, on peut supposer qu'il aurait dit, lui aussi, "Je suis Charlie".

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#Charlie_Hebdo, #CharlieHebdo, #JesuisCharlie
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