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Société

Un message de paix de Tripoli

BEYROUTH | CGNews - Le 09 octobre 2014 à 13h37
Un timbre imprimé en 1967, représentant Tripoli, à l'occasion de l'Année internationale du Tourisme.
Le 21 septembre, de jeunes artistes ont célébré la Journée internationale de la paix, au Théâtre de la Ligue culturelle de Tripoli, deuxième grande ville du Liban, située dans une zone à haut risque, dans le nord du pays. Ils ont marqué cette journée dédiée à la paix, à travers la danse, la musique, le théâtre et le dessin grâce à leurs talents artistiques remarquables et non-violents, rappelant ainsi à toute une communauté que, malgré le conflit perpétuel qui sévit dans cette région, il y a toujours une place pour la paix. Cet événement festif a montré que, même dans les endroits les plus instables, il y a des gens qui refusent la violence et sur qui on peut prendre exemple pour s’inspirer et se mobiliser pour enrayer la violence.
La sécurité de Tripoli est menacée par le conflit qui déchire les habitants des quartiers de Bab-al-Tabbaneh (habité majoritairement par des sunnites) et de Jabal Mohsen (majoritairement alaouite), qui vivent dans l’animosité depuis la guerre civile de 1975. Les tensions sont d’autant plus exacerbées en ce moment à cause de la guerre civile en Syrie : les habitants de la ville sont divisés selon leur opposition ou leur soutien au régime syrien à dominance alaouite. Mais Tripoli n’est pas que violence ; on y trouve aussi des gens qui veulent vivre dans la paix et qui sont persuadés de pouvoir apporter un changement.

La voie de la consolidation de la paix est, certes, pavée de défis, d’obstacles et de déceptions. Mais il est possible de surmonter ces difficultés, grâce à une conviction profonde et une forte détermination. C’est en tout cas l’approche de l’organisation Media Association for Peace (MAP), qui est à l’origine de cette manifestation culturelle, par le biais de son club MasterPeace. La MAP est une plateforme qui permet de réunir des personnes, venant de différents milieux et partageant des points communs, des ambitions et des objectifs similaires. C’est une tribune où les jeunes sont des citoyens actifs et les journalistes des professionnels responsables.

Cette manifestation culturelle a été très appréciée des artistes et du public, enchantés de voir que la journée dédiée à la paix était célébrée dans leur ville. Un des participants a d’ailleurs dit : « Le moment est venu pour le monde entier de savoir que nous ne sommes pas une ville symbole de la guerre ».

Pour les habitants de Tripoli, cette journée était très significative, symboliquement, car elle véhiculait un message d’espoir pour le Liban et le reste du monde. Cette occasion a permis aux jeunes artistes de cette ville en proie à l’agitation, de montrer qu’ils n’approuvent pas la violence. Barrak Sabih, un professeur d’art dans une association locale appelée Cross Arts et impliqué dans l’organisation de cette manifestation, s’est produit dans une œuvre théâtrale folklorique libanaise qui met en scène un conteur ou « Hakawati Al-balad ». Il s’est servi de cette forme d’art traditionnelle pour rappeler au public que la paix était une nécessité pour tout le monde et en tout temps. Le public a pu apprécier les voix magnifiques du jeune chanteur syrien, Ahmad Dandashi et de Jad Sabih un petit garçon de la ville, âgé de 9 ans- vedette de la célèbre émission de télévision Arabs Got Talent. Tous deux ont chanté plusieurs chansons. Parmi les artistes il y avait aussi le musicien Ahmad Naji, membre du groupe de musique local « Lahza » (instant) ; il a joué des morceaux traditionnels avec son oud, rappelant ainsi au public la beauté de la musique classique libanaise et le fait qu’elle unit tous les Libanais, malgré leurs différences.

Loin des problèmes de violence, de drogue, d’armes et de prison, qui tourmentent la ville et ses habitants, ce sont ensuite des danseurs de break qui ont occupé la scène et surpris tout le monde par leur souplesse et leur force incroyables ainsi que leur belle chorégraphie. Le groupe de rap libanais « Men l Ekher », (à la fin), formé de trois rappeurs de différentes zones de Tripoli, ont tenu à participer eux aussi à la célébration de cette journée particulière, en interprétant des morceaux de rap et de hip hop extraordinaires, qui parlent d’unité libanaise. Les rappeurs ont fait chanter le public, tout en créant une atmosphère d’engagement, d’enthousiasme et de joie. À un moment donné, un des membres du groupe, Issa Naaman, a crié de toutes ses forces: « Message de paix de Tripoli pour le Liban ! » C’était-là, en réalité, une réponse aux messages vidéos - projetés au début des festivités - dans lesquels des journalistes d’un peu partout au Liban, avaient envoyé des « vœux de paix pour Tripoli » au nom de leurs régions respectives.

Enfin, « la flamme de la paix », qui avait été acheminée à travers tout le pays par le ténor Gabriel Abdel Nour, est arrivée à Tripoli, pour clore les festivités. Cette journée a redonné de l’espoir aux habitants qui veulent la paix. Elle a aussi été l’occasion pour les jeunes d’exprimer leurs espérances pour l’avenir.

À Tripoli, les artistes de la nouvelle génération peuvent inspirer d’autres jeunes des zones de conflit et leur apprendre à se servir d’outils non-violents, tels que l’art, la musique et la danse. Ces jeunes artistes ont d’ailleurs su rappeler aux personnes sceptiques et désabusées, qu’il existe aussi des pacifistes dans les zones de conflits violents, et que ces partisans de la paix ont le droit d’être entendus et qu’ils ont le devoir de transmettre leur message de non-violence. Alors que la sécurité du Liban continue à être sérieusement menacée, cette journée a fait naître de nouveaux espoirs au sein de la population de Tripoli, qui en a profité pour envoyer à son tour un message de paix au reste du Liban.
PUBLIÉ INITIALEMENT SUR
CGNews
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#Tripoli, #Journée_internationale_de_la_paix
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