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Société

Au Liban, l’émigration tente beaucoup de gens… mais pas tout le monde (heureusement)

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 07 fvrier 2014 à 18h41
Par Elodie Morel
C’est peut-être à cause de la météo, des bas salaires… Allez savoir, peut-être même à cause de l’instabilité politique et des problèmes sécuritaires qui en découlent. De moins en moins de gens souhaitent se rendre au Liban et de plus en plus envisagent de quitter le pays, d’après des chiffres publiés par la société Gallup.
Selon des chiffres tout récemment publiés par la société Gallup, au Liban, l’Index de Migration Potentielle Net (Potential Net Migration Index, ou PNMI) affiche -4% sur la période allant de 2010 à 2012. A tous ceux qui, comme nous, ne sauraient pas ce qu’est le PNMI, il s’agit du nombre d’adultes affirmant vouloir quitter un pays si l’occasion se présente, moins le nombre d’individus affirmant vouloir s’y installer, par rapport au total de la population adulte du pays en question.

Pendant les années 2007 à 2009, le Liban faisait partie des trente pays présentant un PNMI positif : il avait d’ailleurs le 21e plus haut PNMI du monde, et même le PNMI le plus élevé de toute la région MENA, selon Gallup. La société a établi ces chiffres en compilant les résultats de plusieurs études basées sur des entretiens téléphoniques et en face-à-face, menés dans 154 pays et territoires.
Cependant, entre 2010 et 2012, le Liban a chuté parmi les 110 pays présentant un PNMI négatif.

Nous avons demandé à dix personnes au Liban comment elles percevaient leur vie ici, et surtout, si elles envisageaient un départ. Elles sont âgées de 20 à 30 ans. Elles ne représentent bien sûr pas l’ensemble de la population. Nous avons juste souhaité leur poser la question à l’occasion de la publication de ces chiffres.

Six d’entre elles ont indiqué qu’elles étaient nées ici et que c’est ici que se trouvaient leurs racines et leur famille. « L’instabilité politique, on y fait face tous les jours. Avoir peur chaque matin de mourir en allant au travail parce qu’une voiture piégée a explosé sur notre trajet, c’est un sentiment assez banal et on a fini par s’y habituer. La meilleure parade c’est de vivre chaque jour comme il vient. Et d’espérer des jours meilleurs, » explique l’une d’elles, résumant bien l’état d’esprit des cinq autres.

Ce point de vue rejoint celui d’une jeune femme qui a récemment expliqué sur son blog les raisons qui la poussent à rester : l’homme qu’elle aime vit ici et n’a pas l’intention de s’en aller. Les racines avec lesquelles on naît, et celles que l’on se choisit, jouent apparemment un grand rôle dans le choix de poursuivre son existence au Liban.

Face à ce point de vue, les quatre autres individus interrogés ont estimé qu’il y a davantage d’opportunités pour eux ailleurs dans le monde, et qu’ils saisiront la première occasion de quitter le pays. L’un de ceux-là semblait déçu d’être venu s’installer ici dix ans plus tôt. « Cela fait dix ans que je suis revenus dans le pays de mes parents, pensant que j’y passerais ma vie et que j’y élèverais mes enfants plus tard. Aujourd’hui, personnellement, je pense que la meilleure chose à faire c’est de partir et de trouver un endroit plus sûr dans lequel s’installer… Un endroit où je ne risque pas de perdre la vie chaque fois que je sors faire une course. »

Et puis il y ceux qui choisissent de venir s’installer au Liban, pour une durée plus ou moins longue. Parmi eux, Florence, une jeune Française de 20 ans, qui viendra dans quelques semaines s’installer pour un an au pays du Cèdre dans le cadre de son travail, dans la filière sportive. Elle explique qu’un de ses anciens employeurs est parti aux Emirats arabes unis pour y travailler en tant qu’entraîneur sportif. Il a là-bas rencontré un Libanais qui cherchait à recruter quelqu’un pour un an au Liban. Quand son ancien patron lui a transmis cette offre, Florence explique avoir dit « oui, car de toute façon le risque est partout, que ce soit en France ou à l'international. Je pense qu'il faut se faire sa propre opinion des choses et aller voir de ses propres yeux, » dit-elle. Quand on l’interroge sur la façon dont ses proches ont réagi à l’annonce de son départ, elle raconte qu’ils ont « d'abord été surpris, inquiets, mais aussi très contents pour moi car tout le monde n'a pas eu une telle opportunité dans sa vie. C'est une expérience à faire sur beaucoup de points, culturel, professionnel, et personnel. »

Les Libanais ont peut-être une image de leur pays encore plus mauvaise que celle que s’en font les étrangers.

Pour notre part, nous restons. Et vous ?
Tags
#Emigration, #securité, #Départ
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