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Société

Des parents réfugiés au Liban en grève de la faim pour l'avenir de leur fille

BEYROUTH | Le 28 mai 2013 à 13h12
Lamis et ses parents. Photo fournie par le CLDH.
Un couple de réfugiés africains reconnus par le UNHCR a commencé aujourd’hui une grève de la faim illimitée pour demander leur réinstallation dans un pays tiers, où leur fille pourra enfin avoir un avenir.
Lamis, 4 ans, de père soudanais et de mère somalienne, n’a pas de nationalité ni de statut légal au Liban. Son père, Muhamad, 41 ans, est arrivé au Liban dans les années 90, fuyant la situation au Soudan. Il a été plusieurs fois arrêté pour entrée illégale et en reste traumatisé. Sa mère, Gigi, 30 ans, orpheline, s’est enfuie de la Somalie alors qu’elle était enfant. Elle a été victime d’esclavage au
Liban et n’a jamais rien connu d’autre que les souffrances et la misère, explique le CLDH (Centre libanais des droits humains), qui suit de très près le dossier de cette famille et l'héberge dans ses locaux.

Lamis n’est ni somalienne, ni soudanaise, simplement apatride. Elle ne pourra jamais vivre légalement au Liban. La loi ne le lui permet pas. Pas d’études possibles, le risque d’être arrêtée parce qu’elle n’a pas de papiers, la discrimination, l’exploitation et la pauvreté : c’est l’avenir de Lamis si aucune solution n’est trouvée pour cette famille, avertit le CLDH.

"J’ai peur qu’elle souffre comme moi", sanglote Gigi, évoquant avec amertume les années qu’elle a passé à travailler sans jamais goûter aux plaisirs de l’enfance.

"Après ces années de souffrance, nous avons perdu toute joie de vivre ; notre seule raison d’être maintenant c’est de donner un avenir à notre fille", ajoute Muhamad.

La seule solution pour Lamis c’est une réinstallation dans un autre pays, organisée par le UNHCR. Pour l’instant aucun pays n’a encore accepté leur candidature. Les parents de Lamis n’en peuvent plus; ils ne voient pas d’autre solution que de se mettre en grève de la faim jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée, "au moins pour Lamis", supplient-ils, "on accepterait même qu’elle parte sans nous dans un pays qui respectera ses droits".

Malgré la fatigue et les années de leur vie gâchées par la souffrance, ils s’accrochent à l’espoir qu’un pays leur ouvrira ses portes.

Si le CLDH héberge la famille, c'est non seulement pour les assurer du soutien de l’organisation, mais aussi pour éviter de nouvelles violations de leurs droits. "Les réfugiés qui manifestent devant le UNHCR sont régulièrement arrêtés. Nous préférons que leur mouvement de protestation se passe en sécurité dans nos locaux", explique Wadih Al-Asmar, secrétaire général du CLDH.
Tags
#Réfugiés_au_Liban, Droits de l'Homme au Liban
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