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Société

Mariage au Liban : quand traditions et modernité s’affrontent

Beyrouth | Le 18 août 2012 à 14h20
Par Karin Fockens
Ceux qui connaissent un minimum le Liban le savent : dans ce pays, rien n’est noir ou blanc mais plutôt en demi-teintes, à la croisée des chemins. Mélange subtil entre traditions et modernité ou cocktail explosif ? Prenons la question du mariage et laissons les Libanaises parler.
Êtes-vous pour ou contre le mariage ? Les Libanaises répondent « pour », du moment que c’est un mariage « pour les bonnes raisons ». Oui, car avant de penser mariage, il faut trouver chaussure à son pied, et pas à n’importe quel prix ! La jeune génération est quand même plus critique quand il est question de mariage, mais également plus romantique : Mawadda, 22 ans, est « contre le mariage sur papier, à l’église ou ailleurs : le mariage est avant tout une union entre deux âmes ». Son amie Therry, 18 ans, acquiesce. Loin des romans à l’eau de rose, certaines vivent l’amour comme un champ de bataille, où décision est mûrement pesée : « au mariage comme à la guerre, il faut penser stratégique, utiliser sa tête et mettre de côté son cœur. Là est la clé d’un mariage réussi », affirme Annie, 42 ans.

C’est bien beau de parler mariage, mais l’horloge tourne, le temps presse et nos jolis minois se flétrissent doucement (n’exagérons rien). Les jeunes libanaises ressentent-elles des pressions de la part de la société pour se marier ? Oui, mais peu leur importe : « À quoi bon se marier à la va-vite si c’est pour ensuite divorcer ? », s’insurge Mawadda. Ces filles sont réalistes et refusent de vivre dans une image pour satisfaire une société qu’elles jugent bien souvent hypocrite.

Et si nous faisions à présent un petit tour en Europe ? Sur le Vieux Continent, le mariage se démode à la vitesse grand V et il est de plus en plus fréquent pour les couples de s’installer ensemble, d’envisager une vie à deux et même d’avoir des enfants sans pour autant se marier. Qu’en pensent les Libanaises ? Pour Annie, cela est « 3aib » (contre les bonnes mœurs). Raya et Noura, nouvellement mariées, sont du même avis. Pourquoi ? « Car c’est ainsi, cela fait partie de nos traditions et nous avons été élevées de la sorte ». Pour Mawadda et Therry, la situation en Europe relève de l’utopie, et avant qu’il en soit de même au Liban, « il faudrait des centaines d’années d’éducation dans les écoles ». Mais ces Libanaises ont également la tête sur les épaules, et pensent à l’avenir de leurs enfants : « au Liban, il n’existe pas de lois qui protègent les enfants issus de couples non mariés. C’est pour cela qu’il est important de se marier ».

Changeons-donc les lois avant de changer les mentalités.

Et maintenant…la question que tout le monde attend : Que pensent les Libanaises des rapports sexuels avant le mariage ? Et « le faire » peut-il mettre en péril un mariage ? Mawadda et Therry pensent que c’est une bonne chose. Par contre, attention aux mots : « faire l’amour », et pas « coucher ». D’autres sont moins ouvertes sur la question, et affirment qu’il ne faut pas aller jusqu’au bout, au risque de mettre son mariage en péril…à moins de se faire opérer. Rachel, 25, est contre le fait de ne pas faire l’amour : « Quoi ? Rester deux ans avec son copain sans rien faire ? Autant rester amis dans ce cas ». En tout cas, malgré l’apparente ouverture de certaines, toutes m’ont affirmées qu’elles ne l’avaient personnellement jamais fait.
Au Liban, le mariage bascule entre traditions et modernité. La jeune génération a beau être plus ouverture, nous sentons tout de même le poids des traditions. Mais pourquoi les renier en bloc ? Pourquoi ne vivrions-nous pas ces traditions avec modernité ?
PUBLIÉ INITIALEMENT SUR
Live Achrafieh
Tags
#mariage, #modernité, #tradition
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