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Société

L'ONU inquiète pour les civils en Syrie... et pour le patrimoine culturel aussi

BEYROUTH | iloubnan.info, avec agences - Le 30 juillet 2012 à 16h03
La vieille ville d'Alep. Photo: UNESCO (Ron Van Oers)
Vendredi 27 juillet, la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a exprimé dans un communiqué de presse sa consternation devant la menace qui pèse sur les civils en Syrie et exhorté le gouvernement de ce pays et les groupes d'opposition armés à respecter les obligations qui leur incombent en vertu du droit international, sous peine de devoir en affronter les conséquences. La veille, l'Unesco avait mis l'accent sur le danger que les violences font courir au patrimoine culturel syrien.
« La responsabilité première de protéger les civils contre toutes les formes de violence revient au gouvernement », a rappelé Mme Navy Pillay, la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, dans un communiqué de presse diffusé vendredi. « Si les forces gouvernementales ont permis à des civils de quitter les zones de combats en certaines occasions, elles ne l'ont pas fait dans d'autres, contrairement à ce que prévoit le droit humanitaire international ».

« Les civils et les structures civiles doivent être protégés à tout moment. Toutes les parties prenantes doivent veiller à distinguer civils et militaires », a-t-elle insisté. Mme Pillay s'est dit particulièrement préoccupée par la possibilité d'une confrontation majeure à Alep, la plus grande ville du pays après la capitale Damas.

« J'ai reçu des informations, qui restent à confirmer, selon lesquelles des atrocités, dont des exécutions extrajudiciaires et des tirs de snipers, auraient été constatées dans les banlieues de Damas. L'utilisation de plus en plus fréquente d'armes lourdes, de chars, d'hélicoptères de combat et même d'avions de chasse dans des zones urbaines ont déjà fait de nombreuses victimes civiles », a déploré Mme Pillay.

En outre, a-t-elle poursuivi, entre un million et un million et demi de Syriens ont été forcés de quitter leur foyer, le plus souvent dans le cadre ce que Mme Pillay a qualifié de « tendance discernable » des forces gouvernementales à dégager les zones occupées par des forces d'opposition.

Le mode opératoire est le suivant, a-t-elle expliqué : lorsqu'un quartier ou un village est encerclé, l'approvisionnement en eau, en électricité et en vivres y est coupé, avant qu'il ne soit pilonné par des tirs d'artillerie. Les véhicules blindés entrent alors en scène, suivis de troupes qui, selon des informations, exécutent souvent de façon sommaire les personnes suspectées d'appartenir aux forces d'opposition, même si parfois elles sont seulement arrêtées. « Les corps sont parfois ensuite incinérés ou emportés ».

Mme Pillay a précisé qu'elle disposait d'informations selon lesquelles des forces d'opposition se seraient elles aussi rendues coupables d'actes de torture et d'exécutions.

« Les assassinats et les tueries ciblés, qu'ils soient commis par les forces du gouvernement ou par les groupes d'opposition, peuvent constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité. La torture est également proscrite en toutes circonstances », a rappelé Mme Pillay. « Même si cette question relève de la justice, je suis convaincue par les preuves réunies par des sources crédibles, que des crimes contre l'humanité ont été commis, et continuent de l'être, en Syrie ».

« Les auteurs de ces actes doivent comprendre qu'ils n'échapperont pas à la justice. Le monde n'oublie pas et ne pardonne pas ce genre de crimes. Cela s'applique aussi bien aux forces d'opposition qu'aux forces du gouvernement », a-t-elle prévenu.

Pour sa part, l'Unesco avait appelé la veille à la protection du patrimoine culturel syrien, notamment à Alep, où les combats font rage dans certains quartiers entre rebelles et armée régulière. Irina Bokova, Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, a exprimé jeudi sa préoccupation, indiquant dans un communiqué que «l'UNESCO est particulièrement inquiète par les informations selon lesquelles des combats acharnés se déroulent à Alep, dont la vielle ville fait partie de la Liste du patrimoine mondial ».

« Cette ville ancienne, placée stratégiquement sur les routes commerciales historiques entre l'Ouest et l'Est, a conservé un héritage monumental, reflet des diverses cultures qui l'ont traversées au fil des millénaires, dont les Hittites, Assyriens, Grecs, Romains, Omeyyades, Ayyubides, Mongoles, Mamelouks et Ottomans », a-t-elle rappelé.

En raison de la situation sécuritaire actuelle, il n'a pas été possible d'évaluer les dégâts causés à la vieille ville d'Alep et à d'autres sites du patrimoine mondial en Syrie, dont le Crac des chevaliers, Palmyre, les villages antiques du nord de la Syrie et la capitale Damas.

L'UNESCO est particulièrement préoccupée par les risques de pillages du patrimoine culturel. Elle a donc alertée l'Organisation mondiale des douanes, INTERPOL et les autorités des pays voisins de la Syrie pour prévenir le trafic de biens culturels syriens.

Mme Bokova a exhorté toutes les parties prenantes en Syrie à respecter et protéger l'héritage culturel exceptionnel de ce pays, qui constitue une des sources de l'identité et de la fierté de son peuple.
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#Syrie, #Alep
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