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Société

Greenpeace Liban: l'incident du fleuve de Beyrouth n'était pas un cas isolé

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 08 mars 2012 à 07h42
Une photo tirée de la page Facebook de Greenpeace Liban, prise le jour où le fleuve de Beyrouth a viré au rouge.
Le 15 février, le fleuve de Beyrouth a été contaminé par un polluant qui l'a fait virer au rouge au vu et au su de tous. L'incident a entraîné de vives réactions publiques, médiatiques et sur les réseaux sociaux. Le jour même, des militants de Greenpeace sont allés prélever des échantillons du fleuve pour les faire analyser. L'ONG a révélé avant-hier les premiers résultats des tests.
Ces tests ont été menés par un laboratoire professionnel celui-ci n'a pas pu isoler une quantité suffisante du composant pour l'identifier formellement. Mais les recherches ont pu déterminer que le produit n'était pas toxique à ce degré de concentration. Les tests bactériologiques ont en effet montré que la microfaune était toujours vivante dans l'échantillon. Le laboratoire a estimé avec un taux de fiabilité de 90% que la couleur rouge était due à un colorant organique utilisé dans l'industrie textile ou celle du cuir. Cette teinture rouge fait partie d'une famille de 4000 teintures chimiques, principalement fabriquées en Chine et exportées dans le monde entier. Ces composantes doivent encore être classifiés formellement, ce qui n'est pas encore totalement achevé, d'où les 10% d'incertitude.

Parallèlement, Greenpeace a continue son enquête sur la source probables de l'incident. "Nous pouvons aujourd'hui dire que ce type de pollution n'est pas un cas isole et qu'il y a des déchargements réguliers de polluants dans le fleuve, dans des quantites plus faibles, qui passent ainsi inapercues" a declare l'ONG, ajoutant que la zone d'origine est très industrialisée renferme plusieurs usines, certaines étant aujourd'hui fermées.

Lors d'une conférence de presse la semaine dernière, le ministre libanais de l'Environnement Nazem Khoury a déclaré que la substance rouge provenait d'un canal d'évacuation des eaux usées, se déversant dans le fleuve de Beyrouth à hauteur du pont liant le rond point Chevrolet à Sin el Fil vers l'hôtel Habtoor.

Irem Mazmangi, coordonateur logistique chez Greenpeace, a expliqué que "ce n'est pas la première fois que de telles substances sont déversées dans le fleuve. Les résidents locaux nous ont indiqué que cela se produit au quotidien, avec des substances de couleurs diverses, à peine visibles à l'œil nu si l'on se trouve à distance. Même si des usines utilisant de la teinture dans cette région sont fermées, il reste des barils de teinture entreposés là, sans plan précis pour les évacuer ou procéder à leur destruction. Nous avons des témoins qui nous racontent que de temps à autre, un baril ou deux est vidés dans le fleuve, ce qui provoque un changement de couleur de l'eau. Nous avons trouvé un tuyau qui justement servait à conduire un liquide rouge jusque dans le fleuve… Nous tentons d'obtenir du ministère les cartes qui nous permettront de déterminer où mène ce tuyau".

Militant de Greenpeace dans la campagne pour les Océans, Rayan Makarem a précisé que " Nous savons qu'il existe dans notre pays d'autres matières toxiques, invisibles celles-ci, et ne bénéficiant pas d'un suivi approprié. Greenpeace poursuit ses efforts pour identifier et dénoncer les crimes environnementaux qui menacent le Liban et la Méditerranée."
Tags
#Environnement, #Fleuve_de_Beyrouth, #Pollution
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