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Société

L'innovation est nécessaire pour que les Saoudiennes intègrent la main-d'oeuvre

CGNews - Le 26 fvrier 2012 à 09h49
En Arabie saoudite, si près de 60% des femmes possèdent un diplôme universitaire, moins de 15% d'entre elles constituent de la main-d'oeuvre. L'auteur Lulua Asaad examine les nouvelles mesures novatrices qu'une société a prises pour permettre de réduire cet écart.
Pourquoi les hommes en Arabie saoudite assurent-ils l'instruction de leurs filles si, par la suite, celles-ci ne peuvent pas travailler? C'est la question que se pose Khalid Al-Khudair, fondateur de Glowork, une plateforme de l'emploi. La question s'est en fait posée lorsque sa soeur, Aia, est rentrée en Arabie saoudite après avoir obtenu une licence en psychologie dans une université canadienne. Même si elle disposait d'un chauffeur pour la conduire dans les grandes compagnies afin d'y présenter son CV, trouver un emploi lui est apparu difficile. En effet, la plupart des sites web des sociétés étant obsolètes, il lui était difficile de prendre rapidement connaissance des nouveaux postes offerts. En outre, la majorité des sociétés en Arabie saoudite recrutent sur la base de recommandations personnelles et non de manière systématique sur les qualités de la personne.

Toutefois, à l'instar de bien d'autres Saoudiennes, la soeur de Khalid Al-Khudair était motivée et déterminée à ne pas céder aux obstacles auxquels les femmes à la recherche d'un emploi se voient confrontées. Aia a choisi un travail à Glowork pour venir en aide aux femmes rencontrant des difficultés lors de leurs recherches.

Si l'éducation des femmes en Arabie saoudite avance à grands pas, peu de postes sont occupés par celles-ci. En 2011, 46% du budget national (USD 40 milliards) ont été dédiés à l'éducation et à la formation. Le budget alloué à l'éducation en Arabie saoudite a plus que triplé depuis 2000. L'université Princesse Nora, la première université réservée aux femmes en Arabie saoudite et la plus grande au monde, compte plus de 50'000 étudiantes.

Khalid Al-Khudair a créé Glowork pour répondre aux besoins des Saoudiennes qui, comme sa soeur, sont à la recherche d'un emploi. Il s'agit de la première plateforme de l'emploi en ligne qui met en relation employeurs et demandeurs d'emploi et qui se concentre surtout sur l'aide apportée aux femmes. Il n'y a jamais eu une initiative semblable en Arabie saoudite ou dans aucun autre pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) malgré un taux de chômage élevé chez les femmes saoudiennes. D'après une étude réalisée en 2010 par Booz & Company, une société de conseil en gestion globale, la part des emplois occupés par des femmes représente actuellement moins de 15%. Sur la base de l'étude réalisée par Booz & Company, Glowork estime que 60% des femmes titulaires d'un doctorat sont sans emploi.

La question des droits des femmes devient de plus en plus importante au niveau national, comme en témoigne le discours du roi Abdallah prononcé en septembre 2011 au Conseil de la Shura dans lequel la marginalisation des femmes au sein de la société saoudienne est condamnée. Au cours du même mois, le roi reconnaissait le droit de vote aux femmes dans les élections aux conseils municipaux et déclarait, à cette occasion, que les droits des femmes constituaient un élément essentiel de l'islam.

Bien que la recherche d'un emploi pour les femmes soit un parcours semé d'embûches, des femmes saoudiennes sont aujourd'hui médecins, infirmières ou banquières. Qui plus est, pour la première fois dans l'histoire de la monarchie, une Saoudienne s'est vue attribuer l'un des postes les plus prestigieux du gouvernement: vice-ministre de l'éducation.

En outre, il y a deux mois, le roi Abdallah a officiellement lancé le programme Hafiz qui fournit des ressources aux demandeurs d'emploi ainsi qu'une aide financière aux Saoudiens, hommes et femmes, sans emploi.

Pour les Saoudiens, le programme Hafiz est une mesure courageuse que le gouvernement a prise pour soutenir le bien-être des citoyens. 80% des personnes qui en bénéficient sont des femmes.

Concernant l'emploi des femmes, une réflexion novatrice est indispensable. De nos jours, en Arabie saoudite, de nombreuses sociétés veulent engager des femmes mais elles ne le font pas, faute de bureaux séparés pour les accueillir, comme l'exige la coutume locale. Glowork montre comment une société peut penser autrement et engager des femmes. Elle emploie, par exemple, des femmes comme opératrices de centres téléphoniques pour différentes compagnies, ce qui permet à celles-ci de travailler de chez elles.

Glowork n'est qu'un exemple d'une initiative saoudienne auto-financée qui vise à faire progresser les droits des femmes. En rendant les femmes autonomes, on ouvre la voie à un avenir meilleur.

Lulua Asaad est saoudienne installée en Autriche. Elle bénéficie d'une grande expérience dans les affaires multilatérales et la diplomatie. Article rédigé avec la collaboration de Khalid Al-Khudair, fondateur de Glowork  et de Rozana Al-Banawi, conseillère en matière d'emploi au sein de l'entreprise technologique Taqat.
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CGNews
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#femme, #ArabieSaoudite
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