Pourquoi ce centre ?
Un nombre important de personnes au Liban a fait l’objet de tortures, infligées par des institutions étatiques ou des autorités de facto. Ainsi, nombre de disparus pendant la guerre de 1975-1990 (plus de 17,000) sont ou étaient en réalité prisonniers en Syrie, où ils ont été torturés. Ce problème n’a pas été traité au Liban depuis la guerre, et nombre de ces anciens détenus sont toujours sans secours et sans soins médicaux. Par ailleurs, les familles de ceux toujours portés disparus ont besoin d’aide au niveau psychologique et social.
La fin de la guerre (1975-1990) n’a pas signifié la fin de la torture pour autant, et de nouveaux cas surgissent, de personnes gravement atteintes, moralement et physiquement, du fait de tortures par les autorités libanaises, et sont sans traitement ni soutien. Le Centre libanais des droits humains (CLDH) a notamment publié un rapport sur la torture infligée dans les sous-sols du ministère de la Défense (disponible sur le site de
Solida).
Toutes ces victimes de la torture sont l’objet de trois types de souffrances liées à cet événement traumatique : souffrances physiques (des suites de la torture), souffrances psychologiques (également liées à la torture et la dégradation de l’estime de soi), et enfin détresse sociale (perte d’emploi, appauvrissement de la cellule familiale, rejet par la société).
Du fait de la situation décrite ci-dessus, et de l’absence de structures de prise en charge, plusieurs milliers de Libanais et résidents au Liban vivent avec des maladies et séquelles, représentant des douleurs physiques et morales pour eux, mais aussi potentiellement un vrai risque de santé publique. Par ailleurs, et du fait des traitements subis, le retour dans la famille s’avère problématique, ainsi que la recherche d’un emploi. Au niveau psychologique, la détresse est immense et inclut : perte de l’estime de soi, culpabilisation, phobies, difficulté à s’adapter…
Le Centre Nassim : objectifs et activités
Le CLDH a donc mis en place le projet Nassim, qui a ouvert ses portes en septembre 2007. Le Centre Nassim est un centre multidisciplinaire de réhabilitation des victimes de la torture. Il comprend : aide médicale, psychologique et psychiatrique, aide juridique, assistance sociale, aide à la réinsertion professionnelle, physiothérapie. Ces activités d’assistance pour 2008 font l’objet d’un financement du gouvernement néerlandais.
L’objectif du Centre Nassim est d’apporter des soins et une assistance aux victimes, de faciliter leur réhabilitation et leur réintégration sociale, et de contribuer à diminuer le niveau de violence et de détresse dans la société libanaise.
Le centre Nassim adopte une approche multidisciplinaire. Ses activités en faveur des victimes de la torture comprennent :
Aide médicale : La majorité des bénéficiaires du Centre n’ont pas bénéficié de soins pendant la durée de leur emprisonnement ni à leur sortie de prison. Certains présentent des séquelles de torture qui n’ont fait l’objet d’aucun examen ni traitement (fractures, perte d’un œil, etc.). La majorité des patients est sans emploi ou en emploi précaire. Les examens sont effectués par le médecin généraliste du Centre. Le Centre prend en charge les examens à l’extérieur pour les patients impécunieux (examens de laboratoire, examens par des spécialistes), les soins, ainsi que les médicaments prescrits par les médecins du Centre. Pour tous les soins et médicaments, le centre paie les hôpitaux, pharmacies, etc, avec lesquels il a établi des partenariats, et ne remet pas d’espèces aux bénéficiaires.
Physiothérapie : De même que pour les soins médicaux, les problèmes liés à la torture et nécessitant la physiothérapie n’ont généralement pas fait l’objet de soins ni même d’examens à la sortie de prison. Le physiothérapeute du Centre fournit un diagnostic et met en place un programme de physiothérapie, selon les besoins du patient.
Aide psychologique et psychiatrique : Le Centre compte les deux spécialités. Les patients présentant des troubles psychiatriques bénéficient d’une prise en charge dans le centre (et paiement des médicaments pour les patients impécunieux), les patients nécessitant une psychothérapie et en faisant la demande sont suivis par le psychologue-psychothérapeute.
Assistance sociale : L’assistante sociale identifie les difficultés d’ordre familial et social empêchant la réinsertion de la victime, et met en place une assistance adaptée (orientation vers l’équipe ou à l’extérieur du centre, établissement d’une demande d’aide individuelle à l’OMCT, etc.)
Aide juridique : les personnes nécessitant une aide juridique (pour recouvrer leurs droits, ou obtenir des documents et attestations) ne bénéficient d’aucune prise en charge étatique.

Soutien à la réinsertion professionnelle afin de retrouver leur autonomie, étape cruciale pour renouer avec la vie et le futur.
Notre souhait au Centre Nassim serait de perdre toute raison d’exister. Ceci implique bien évidemment que les victimes de la torture aient retrouvé leur place de nouveau comme tout autre citoyen et que la torture soit abolie au Liban. D’ici là nous accompagnons ces victimes et les soutenons le temps nécessaire pour elles de dépasser l’horrible expérience qu’est la torture.
Qui peut bénéficier des services du centre Nassim ?
Toute personne victime de la torture peut bénéficier des services du centre Nassim, quels que soient son sexe, son âge, sa nationalité, son appartenance confessionnelle ou politique.
Le Centre prend en compte la définition de la Convention des Nations Unies contre la torture (ratifiée par le Liban), et reçoit les victimes de la torture infligée par les autorités officielles ou des autorités de facto. Les familles de disparus sont reconnues comme victimes de la torture morale.
Comment se rendre au Centre Nassim ?
Toute personne qui souhaite s’adresser au Centre

peut se présenter directement, du lundi au vendredi, de 9h à 18h au Centre Nassim, Immeuble Bakhos 4e étage, Daoura

ou prendre Rendez-vous au tel : 01 240061.
Pour plus d’information : info@centrenassim.org,
www.solida.org
Les familles et proches de victimes, les ONG, avocats, ou médecins, sont les bienvenus pour une visite d’information.
A votre service,
L’équipe de Centre Nassim et du Centre libanais des droits humains (CLDH)