Yass est un Libanais du Sénégal. A l’aube de la quarantaine, il raconte avec humour son histoire dans le one-man show intitulé« Je s’appelle Yass et je viens de loin », qu’il joue à Paris. Immigré africain de seconde génération (sa mère est comme lui née au Sénégal), Yass a vécu au Sénégal et en Côte d’Ivoire et n’a quasiment jamais connu le Liban, si ce n’est à travers la manière d’être de sa mère, très orientale. Et aussi par les chansons d’Oum Kalsoum que son père, né quant à lui dans le sud du Liban, a toujours écouté en pleurant. Yass dit des Libanais qu’« ils ont l’un des plus beaux pays du monde, le pays des contrastes, avec une âme extraordinaire. Je rêverais que ce soit mon pays. Avant 75, mon père voulait toujours nous emmener là-bas. Et puis, il y a eu la guerre ». Yass parvient quand même à y passer trois semaines en 1991, alors qu’il a 21 ans.
Pour ce premier voyage au Liban, son père lui avait dit d’aller dans son village natal de Harouf, dans le sud. « Il voulait que j’aille voir sa sœur, ma tante, que je n’avais jamais rencontrée. J’y suis allé en taxi service, depuis Beyrouth. » Arrivée à destination, il demande son chemin dans le village et arrive jusqu’à la maison de sa tante. « J’ai frappé à sa porte, et alors qu’elle ne m’avait jamais vu et qu’elle ne savait même pas que je venais, elle a tout de suite su qui j’étais ! Et chose étrange, de mon côté j’ai eu l’impression de la connaître depuis toujours. »
Chez sa tante, pas d’électricité, pas de réfrigérateur. « Mais elle m’a préparé un plat extraordinairement bon, avec des légumes de son potager et des œufs de son poulailler. Elle m’a emmené au village pour me présenter à tout le monde, elle était tellement fière ! Les gens que j’ai rencontrés là-bas ont une richesse intérieure incroyable. Quand je suis parti, je me suis demandé ce que je pouvais faire pour la remercier de son accueil. Je suis allé voir le boucher du village. Je lui ai donné 500 dollars, pour qu’il livre tous les jours de la viande à ma tante. Je sais qu’il l’a fait, je suis content. Ma tante, je ne l’ai jamais revue, elle est décédée quelques années plus tard. Je ne l’oublierai jamais ».
Si vous aussi vous êtes libanais, si vous avez émigré et souhaitez raconter un épisode de votre vie illustrant le lien que vous entretenez avec le Liban, envoyez-nous votre petite histoire à redaction@ iloubnan.info, nous la mettrons en ligne sur iloubnan.info.