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  Interview
Think Lebanon met en avant de jeunes artistes libanais en Suisse
Le 15 janvier 2008, Par Élodie Morel Lebbos
 
Créée en Suisse par des Libanais de la diaspora, l’association Think Lebanon organise des manifestations culturelles qui mettent en avant de jeunes artistes libanais, et reverse les fonds récoltés à des associations caritatives, qui œuvrent au Liban sur le front social.
 


iloubnan.info: Quand a été créée Think Lebanon ? Qui en sont les membres fondateurs et les membres-piliers actuels ?

Think Lebanon: Think Lebanon a été créée en avril 2007 par Céline El Debs, Rouane Wakim, Noha Gomaa et Zahi Haddad, tous bénévoles, établis à Genève et actifs dans divers domaines.

En outre, dès sa création, Think Lebanon s’est appuyée sur l’apport de bénévoles qui lui ont permis de développer une identité propre et son site Internet www.thinklebanon.ch ainsi que de gérer toute la logistique inhérente aux manifestations qu’elle organise (accueil, photos, etc.). Les soutiens financiers et matériels qu’elle obtient de divers partenaires et sponsors sont également primordiaux pour son fonctionnement.

L’association est constamment à la recherche de bonnes volontés ainsi que de compétences spécifiques et accueille avec beaucoup d’intérêt toute proposition de manifestation ou de mise en relation avec de jeunes artistes susceptibles de se produire à Genève.

Derrière toute création d'association, il y a souvent un élément déclencheur : qu'est-ce qui vous a poussés à créer Think Lebanon à ce moment précis ?

En janvier 2007, un groupe de sept personnes a organisé la projection du film « Bosta », de Philippe Aractingi. Tous les bénéfices ont été reversés à la Croix-Rouge libanaise. Le succès a été tel auprès du public genevois – beaucoup sont également venus du Canton de Vaud ou de France voisine – qu’une partie du groupe a décidé de renouveler l’aventure en créant cette fois-ci une association pour le Liban.

Pourquoi avoir choisi la culture comme « levier » pour agir sur le social ?

La culture est universelle. Même si nous la déclinons tous sous différentes formes, elle nous rappelle que nous avons un héritage commun. Dans le cas de « Bosta », par exemple, le message est clair. Il déclenche la réflexion sur des thèmes qui touchent chaque être humain tout en permettant de comprendre le cas particulier.

Tout le monde a besoin d’aller au théâtre, de visiter une exposition de peinture ou d’écouter un concert rock ou rap. Think Lebanon souhaite mettre l’accent sur la nouveauté, sur de jeunes artistes qui sont en train de percer et sur les mondes dont ils sont issus.

Quoi de mieux que la culture pour rapprocher, gommer les différences trop souvent artificielles ? Genève est une ville qui a une très riche offre culturelle et pourtant la mobilisation du public est très encourageante. En plus, les mezzes libanais, que nous pensons continuer à offrir à chaque événement, sont déjà des alliés de taille !

Quels événements culturels avez-vous organisés jusqu'à présent ?

L’association ayant été créée il y a quelques mois, un seul événement à été organisé : un concert de piano avec Rami Khalifé. Là aussi, le public n’est pas resté indifférent, découvrant l’univers d’un jeune Libanais de vingt-six ans, avec tout ce que cela représente. Le Maire de Genève est également venu nous soutenir. Et trois associations, œuvrant sur le terrain, ont d’ores et déjà reçu les fonds que nous avons pu récolter. L’avenir de l’association est donc encourageant et nous pensons maintenant au prochain événement.

Comment se passe sur le terrain l'évaluation des associations que vous soutenez ?

Notre philosophie est de soutenir les petites institutions qui ne reçoivent pas d’aides régulières. C’est en allant sur place et en discutant avec des personnes qui, dans leur temps libre, consacrent un peu de temps au bénévolat que nous choisissons les associations bénéficiaires. Le bouche-à-oreille fait beaucoup. Par exemple, lorsque nous avons choisi le CASS Hasbaya (Community Association for Student Support), c’est l’association « Lebanon United », basée à Londres, qui avait permis le contact.

Ensuite, nous rencontrons les responsables, avant d’évaluer les besoins : médicaments, nourriture, matelas, habits, prise en charge de la scolarité, des livres, etc. Il arrive aussi qu’il soit nécessaire de rencontrer les destinataires de l’aide (familles, écoles, etc.). Puis, les priorités sont fixées. À la fin du processus, nous demandons toujours un rapport d’activité afin de voir comment les fonds ont été utilisés.

Quelles sommes avez-vous pu réunir jusqu'à présent ?

Le concert de Rami Khalifé nous a rapporté vingt mille francs. Au-delà de la somme, il faut encore voir ce qu’elle représente en termes de matériel acheté.

On parle bien souvent du détournement des aides sur le terrain au Liban (et ailleurs !). Cherchez-vous à vérifier l'usage qui est fait de votre aide une fois qu'elle a été transmise aux associations (via des rapports, des feed-back, etc.) ? Ou faites-vous tout simplement confiance aux associations que vous avez choisies ?

C’est aussi une de nos règles : ne pas donner d’argent sans savoir où il va. Un suivi est fait du début à la fin. Comme tout le monde, nous avons entendu beaucoup d’histoires relatives à des détournements de fonds ou à une mauvaise utilisation. Nous faisons donc très attention à ce point. Lorsque nous rencontrons les associations, nous précisons que les fonds qui seront levés ne seront envoyés qu’après réception d’un projet définissant son utilisation. Une fois l’argent transféré, un rapport détaillé doit être fourni par l’institution avec factures à l’appui.

L’idée est aussi de favoriser l’achat de matériel dans le quartier ou le village où les institutions sont établies, même si c’est parfois plus cher de travailler avec les commerçants locaux que d’aller directement chez les fournisseurs. Mais cela reste très relatif.
 
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