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Nohad, 45 ans : « J’ai voulu travailler pour m’accomplir »
Par Agnès Matha
Le 12 janvier 2008
 


Le mari de Nohad ne lui avait pourtant guère laissé le choix : « C’est le travail ou moi » lui avait-il dit il y a dix ans. Convaincue que travailler était un gage de son épanouissement, cette femme de 45 ans aujourd’hui affirme : « J’étais prête à renoncer à mon mariage pour ‘‘m’accomplir’’ ». A force de patience et de persuasion, et la mauvaise conjoncture économique aidant, Nohad travaille maintenant à Chatila. Elle est mère de trois enfants… et est toujours mariée. Son cas n’est pas isolé. « Heureusement, de plus en plus de femmes ont maintenant le courage d’affronter leurs maris, toujours réticents à voir leur épouse exercer une activité professionnelle par peur du « qu’en dira-t-on », de l’indépendance qu’elle pourrait acquérir et du regard des autres hommes sur elle » ajoute-t-elle. Mais l’heure n’est plus à ce type de considérations quand le taux de chômage dans les camps atteint des niveaux record, que les camps ne sont pas épargnés par le déséquilibre démographique qui sévit au Liban, et que, comme partout ailleurs, grâce à l’impact des médias et du temps qui passe, les mentalités changent progressivement. L’UNRWA (l’agence des Nations Unies d’assistance aux réfugiés palestiniens) qui favorise la poursuite des études universitaires grâce à des subventions, enregistre un nombre croissant de jeunes étudiantes. Elles sont chaque année plus nombreuses à travailler et, sous la pression économique, les hommes refusent de moins en moins leur contribution financière devenue indispensable. Hommes et femmes des camps se retrouvent égaux face aux restrictions professionnelles auxquelles les Palestiniens sont confrontés, et devant la pénurie d’emplois à l’intérieur des camps. Les hommes ont en théorie une plus large palette de choix, et les opportunités pour les femmes sont plus rares. Les associations et les ONG se sont multipliées ces dernières années pour tenter de pallier les carences d’un système dont les femmes et les enfants sont les principaux oubliés.
 
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