Etre Palestinien au Liban aujourd'hui
Par Agnès Matha, Élodie Morel Lebbos, Le 12 janvier 2008 |
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Dédales de ruelles étroites et sinueuses au-dessus desquelles pendent des kilos de fils électriques entremêlés ; immeubles délabrés, poubelles qui s’amoncellent, portraits de héros nationaux ornant les rues... Ici, les échoppes sont des bric-à-brac minuscules, l’air est saturé de bruits. Nous sommes à Chatila, Borj El Barajneh ou encore Baddawi. Ces lieux ne sont pas appelés des villes mais des camps car ils ont la particularité de ne regrouper que des familles palestiniennes issues de l’exil. Certains de ces camps font régulièrement l’actualité, en raisons de heurts entre les différentes factions palestiniennes qui y sont établies. La violence dans les camps a culminé l’été 2007 avec les affrontements entre les militants islamistes du Fatah al Islam et l’armée libanaise à Nahr el Bared. Cette bataille de plusieurs mois a mis en lumière la montée de l’islamisme au Liban et tout particulièrement dans les camps de réfugiés palestiniens. Ce dossier propose plusieurs articles illustrant cette montée de l’intégrisme dans les camps de réfugiés au Liban.
Mais la vie dans les camps palestiniens, c’est aussi un quotidien difficile pour les milliers de civils qui y résident. Si certains adoptent des positions militantes, d’autres restent éloignés des enjeux politiques. Parmi les civils, des femmes essaient de mener leur existence pacifiquement et le mieux possible dans les méandres de ces agglomérations presque coupées du reste du pays. Nous avons rencontré quelques unes de ces femmes, issues de la première et deuxième génération d’exilés à Chatila, Borj El Barajneh et Baddawi. De la grand-mère traditionnelle à la jeune femme célibataire et indépendante, leurs profils sont divers et parfois surprenants. Tiraillées entre poids des traditions, absence de perspectives et désir de modernité, elles nous ont confié leurs attentes, leurs espoirs et leurs resignations. |
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