MALABO - Malabo veut "limiter" le nombre des Libanais en Guinée équatoriale pour des "raisons de sécurité", a-t-on appris mercredi de source policière, un mois après le procès du mercenaire britannique Simon Mann dans lequel plusieurs Libanais avaient été mis en cause.
"Depuis quelque temps nous constatons qu'ils (les Libanais) sont devenus nombreux dans le pays sans savoir exactement ce que font une bonne partie d'entre eux ici. C'est pourquoi nous avons demandé aux sociétés les employant de limiter leur nombre pour des raisons de sécurité", a indiqué à l'AFP un fonctionnaire de police sous le couvert de l'anonymat.
Près d'un millier de Libanais exerçant dans le commerce, l'importation des véhicules d'occasion, la boulangerie, les sociétés de Btp et la restauration vivent en Guinée équatoriale, notamment à Malabo, sa capitale et à Bata, deuxième ville et capitale économique sur la partie continentale du pays, selon cette source.
Ces mesures interviennent un peu plus d'un mois après la condamnation le 7 juillet de Simon Mann à 34 ans de prison pour une tentative de coup d'Etat en 2004 contre le président Teodoro Obiang Nguema, notent les observateurs.
Au cours du procès, Simon Mann avait accusé Elie Khalil, un homme d'affaires Britannique d'origine libanaise, d'être le "véritable cerveau" et le "principal financier" de cette tentative.
Mohamed Salaami, un autre homme d'affaires libanais installé en Guinée équatoriale depuis 2000, avait été pour sa part condamné à 18 ans de prison.
Le président Obiang Nguema dirige le pays d'une main de fer depuis qu'il a renversé en 1979 son oncle Francisco Macias Nguema.
Souvent critiquée pour des violations des droits de l'homme, la Guinée équatoriale, pays fermé et pauvre, est devenue le troisième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne.