BEYROUTH - La mère de Samir Kantar, doyen des prisonniers libanais libéré mercredi par Israël, a exprimé son soulagement en regardant les premières images du retour de son fils au pays, affirmant que le moment qu'elle vivait récompensait "une attente de 30 ans".
"Grâce à Dieu, il est rentré sain et sauf. Je l'attends, je veux le voir, je veux l'embrasser", a déclaré Siham Kantar, 71 ans, qui arrivait à peine à contenir son émotion, au journaliste de la chaîne du mouvement chiite Hezbollah, Al-Manar.
"Ce moment récompense une attente qui a duré 30 ans, je n'ai jamais perdu espoir", a-t-elle affirmé.
"Je dédie ce moment à tous les combattants et aux soldats (libanais) qui gardent la frontière" avec Israël, a déclaré sa mère, qui a suivi le retour de son fils sur un écran géant auprès d'autres familles de prisonniers, à l'aéroport de Beyrouth, où il doit arriver plus tard dans la soirée.
Samir Kantar, du Front de libération de Palestine (FLP), avait été condamné en 1980 à cinq peines de prison à vie et 47 ans additionnels pour un triple meurtre en Israël.
Il aura ainsi passé près de trente ans dans les prisons israéliennes.
En 1979, M. Kantar avait tué dans le nord d'Israël un policier, pris en otage un civil israélien qu'il avait abattu, puis avait tué la fille de ce dernier, selon la justice israélienne.
La libération de M. Kantar, ainsi que de quatre autres prisonniers, a été obtenue à la faveur d'un accord d'échange de prisonniers et de dépouilles entre Israël et le Hezbollah.
Le Hezbollah avait remis dans la matinée au CICR les corps de deux soldats israéliens, Ehud Goldwasser et Eldad Regev, capturés par le Hezbollah en 2006.