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ADDIS ABEBA - L'Ethiopie a décidé d'interdire à ses ressortissants d'aller chercher du travail au Liban, à la suite d'un rapport rendant compte des violations des droits de l'Homme infligées dans ce pays à des Ethiopiens, a-t-on appris vendredi de source officielle. "Le gouvernement a décidé cette interdiction il y a deux semaines (22 avril) après une évaluation approfondie", a indiqué à l'AFP le porte-parole du ministère éthiopien de l'Information, Zemedkum Tekle.
"Le gouvernement a la responsabilité de protéger ses citoyens", a-t-il souligné, indiquant que les autorités "ont récolté des preuves prouvant que nos ressortissants ont été victimes d'abus au Liban".
Cette décision n'a pas de limite dans le temps.
La secrétaire d'Etat pour le Travail et les Affaires sociales, Zenebu Tadesse, a expliqué que cette décision "constituait la seule solution pour minimiser les risques de violations de droits humains sur nos concitoyens", selon des propos rapportés par des médias éthiopiens.
"Le ministère prendra des mesures fermes contre les agences de placement qui tenteront d'envoyer des travailleurs directement ou en passant par un pays tiers à Beyrouth", a ajouté Mme Zenebu, selon la presse.
Selon des informations ayant filtré du rapport, "67 femmes éthiopiennes ont été tuées à Beyrouth entre 1997 et 1999".
Les principales victimes sont des jeunes femmes et filles qui partent au Liban pour travailler comme domestiques.
L'association des Femmes éthiopiennes, citée par la presse éthiopienne, souligne que dans les pays du Proche-Orient, les Ethiopiennes "sont soumises aux pires formes de violations des droits de l'Homme: coups, travail très dur sans salaire, viols par les employeurs, brûlures au fer rouge (...), défenestrations".
Nombre d'entre elles, attirées par la promesse de salaires importants pour le pays, quittent chaque mois l'Ethiopie, un des pays les plus pauvres d'Afrique, pour chercher un emploi dans les pays arabes (Bahrain, Qatar, Dubaï, ou Arabie Saoudite essentiellement).
Selon les autorités, environ 50.000 Ethiopiens travaillent à Beyrouth, majoritairement des femmes, alors qu'environ 100.000 immigrés éthiopiens sont employés dans les autres pays du Golfe.
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