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  Tribune libre
La lutte contre les accidents collectifs et leur gestion
Le 21 décembre 2007, Par Mona Akl
 
Mona Akl, présidente de la YASA au Liban, a effectué une étude récente destinée à optimiser la lutte contre les accidents collectifs et leur gestion. Tirant profit d’une formation au sein de la police française, elle propose un plan d’action qui vise à faciliter les secours et ménager aux personnes accidentées des chances de s’en sortir grâce à des soins rapides et efficaces.
 


Il incombe à un certain nombre d’instances, officielles et privées, d’assumer la responsabilité de la sécurité et de la santé des citoyens et d’assurer les équipements nécessaires pour faire face à tous genres d’accidents et de circonstances exceptionnelles, notamment aux catastrophes naturelles et à celles résultant de situations de guerre. Voilà pourquoi la préparation à de telles éventualités doit être étudiée et organisée en fonction des moyens dont dispose chaque région, chaque mohafazat ou chaque ville. Elle se doit également d’obéir à une planification claire définissant les obligations mises à la charge de chaque autorité responsable de sorte que soit évitée toute situation de panique, laquelle entrave souvent, ou à tout le moins retarde, le bon déroulement des opérations de secours et de sauvetage.

Le succès de ce plan d’action requiert la réunion de certaines caractéristiques : la précision d’abord, laquelle augmente avec l’expérience ; la souplesse et la flexibilité ensuite, de sorte à faciliter la mise en œuvre du plan et son applicabilité à toutes les situations.

Les personnes atteintes doivent pouvoir être transportées vers un endroit le plus proche possible du lieu de la catastrophe pour y recevoir les premiers soins avant d’être transférées vers un hôpital. Ces opérations doivent être accompagnées d’autres mesures faisant appel à des compétences techniques et préparatoires telles que la fourniture des services d’eau, d’électricité, l’approvisionnement en oxygène et en sang et la coordination entre les différentes entités concernées.

La direction des opérations de secours

La direction des opérations de secours repose sur deux autorités spécialisées qui, bien qu’ayant des rôles et fonctions distincts, doivent veiller à coordonner efficacement leurs activités pour garantir le succès des opérations. La première autorité est représentée en la personne du directeur chargé de circonscrire et de contenir la catastrophe, de délimiter le périmètre de sécurité et de faciliter les opérations de secours. La seconde autorité responsable est le directeur général des secours médicaux.

Le transport des personnes victimes des suites de la catastrophe


Les victimes doivent être transportées du lieu de l’accident vers un lieu où est établi un état des lieux et où est effectué leur décompte. Le transport doit être assuré par des personnes jouissant d’une grande expérience et d’une bonne connaissance du terrain. L’assiduité et la persévérance des autorités responsables et l’équipement des institutions concernées en matériels de qualité et en techniques de pointe sont indispensables pour parvenir à cantonner et diminuer l’impact de la catastrophe. Les opérations de secours sont limitées aux mesures de sauvetage nécessaires. En cas de pluralité des équipes de secours, les tâches sont réparties de façon organisée et rapide ; gagner du temps est primordial pour le bon déroulement des opérations. Il est préférable à ce stade que l’équipe médicale n’intervienne pas sur les lieux de l’accident (pour des considérations tenant à l’imminence du danger et à l’élévation des coûts). Les forces de sécurité, elles, sont en revanche responsables à ce stade. Elles se doivent de dresser des barrières de sécurité pour maintenir les citoyens à distance et les empêcher de se rassembler sur les lieux de l’accident.

Regroupement des accidentés dans un centre


L’une des règles de base de la médecine d’urgence consiste en ce que les premiers secouristes à arriver sur les lieux, après avoir évalué l’ampleur de l’accident et le nombre des victimes,sollicitent le plus rapidement possible et l’aide du personnel de sauvetage et de secours. De même qu’il leur incombe d’assurer un endroit où puisse être établi un état des lieux et effectué le décompte des victimes. Cet endroit doit être proche du lieu de la catastrophe tout en étant situé en dehors de la zone menacée. Il doit être spacieux et facile d’accès, avec des couloirs de circulation pour les véhicules de sauvetage et de secours, et équipé en médicaments et matériel pour les premiers soins à dispenser (eau, électricité, oxygène, sang…).

Poste médical avancé

Dans certains cas cependant, il s’avère impossible d’assurer un centre proche du lieu de l’accident apte à remplir cette fonction et répondant aux conditions normalement requises. Le centre médical qui est alors à disposition dispense des premiers soins rapides aux personnes gravement touchées et qui ne peuvent être directement transportées vers un hôpital.

Importance de la mise en place de plans d’actions spécifiques à chaque région ou caza

La distance qui sépare le lieu de l’accident des grandes villes et des hôpitaux équipés nécessite un plan d’action en adéquation avec la situation géographique de la région ou du caza concerné. L’approvisionnement en eau, électricité, oxygène et sang est en effet bien plus difficile dans les régions éloignées que dans celles situées au centre de Beyrouth et à proximité des grands hôpitaux. C’est pourquoi il convient d’établir un plan d’action spécifique qui soit fonction de la situation géographique et des données humaines et techniques de chaque région ou mohafazat, tout en veillant à assurer une coordination entre elles.

La commission des Travaux Publics, en coopération avec la YASA, travaille aujourd’hui activement pour développer une série de recommandations à l’adresse des responsables au sein des ministères compétents.
 
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