Si l'on veut tirer sur sa cigarette sans pour autant être rongé par la culpabilité, c'est au Liban qu'il faut aller. Dans ce paradis des fumeurs, on peut travailler, dîner ou encore se faire coiffer dans un nuage de fumée.
Le lobby anti-tabac peine à se faire entendre au Liban. Le gouvernement se préoccupe très peu de la question et les Havanes cubains sont très bon marché. A un dollar le prix moyen du paquet, le coût des cigarettes est également très bas tandis que les avertissements contre leurs effets nocifs sont à peine visibles. "Dès qu'on atterrit dans ce pays, on commence à s'essouffler", souligne le chef du département de pathologie à l'Université américaine de Beyrouth, le docteur Ghazi Zaatari, qui dirige un groupe de travail de l'Organisation mondiale de la santé sur la règlementation anti-tabac. "Du point de vue du tabac, le Liban est un désastre pour la santé". George Saadé, cardiologue et chef de l'unité de lutte anti-tabac au ministère de la Santé, accuse lui "le gouvernement libanais de ne rien faire pour contrôler le tabagisme". Le budget annuel de l'unité n'est que de 20.000 dollars, déplore-t-il. "Les sociétés de tabac sont très puissantes dans ce pays et participent à diverses activités, ce qui serait considéré ailleurs comme un conflit d'intérêt", poursuit-il. "Elles sponsorisent des concerts, des programmes télévisés et des événements sportifs, où des cigarettes sont parfois distribuées gratuitement". Emile Moukarzel, directeur local de Philip Morris, le plus grand importateur de cigarettes au Liban, rejette ces accusations: "Nous ciblons uniquement les fumeurs adultes et nous sommes très stricts là-dessus". "Nous faisons de notre mieux pour empêcher les mineurs de fumer, non seulement en raison des effets nocifs de notre produit mais aussi pour des raisons commerciales", dit-il.