Alors que j’étais assise sur la banquette d’un café à Beyrouth, tapotant sur le clavier de mon ordinateur, le patron de l’établissement me demanda, curieux : « Qu’est-ce que vous écrivez ? » Je souris et répondis que j’écrivais sur l’obésité. « Ah oui, ils mangent beaucoup en Amérique », me dit Ismaël juste avant de me servir du café « Ici, nous n’avons pas ce problème ». Un peu surprise, j’ouvrais la bouche, me préparant mentalement à un long discours, avant de renoncer. Je préférais épargner à Ismaël, déjà bien occupé, une discussion sur la prévalence de l’obésité dans le monde. Tout comme mon patron de café préféré, je croyais moi aussi encore récemment que le problème se cantonnait à l’occident, et j’associais par erreur abondance à obésité ; on entend les représentants de différents milieux sociaux dire que « Européens ou Américains, les citoyens aisés des pays développés, qui peuvent se permettre de manger au-delà de leurs besoins, ont des problèmes de poids, mais pas nous ». Ce n’est pas si sûr !