ROME – Le régime alimentaire méditerranéen, réputé pour ses vertus anti-vieillissement et recommandé contre les maladies cardio-vasculaires, "est peu à peu abandonné" dans ses régions d'origine au profit de nourritures trop grasses et trop sucrées, s'alarme mardi la FAO.
"Vanté par les experts pour sa capacité à maintenir les personnes en bonne santé et à favoriser la longévité, le régime méditerranéen a des adeptes partout dans le monde mais il est de plus en plus ignoré dans le pourtour méditerranéen", s'inquiète l'Agence des Nations unies pour l'Alimentation et l'Agriculture, dont le siège est à Rome, dans un communiqué.
Selon l'économiste de la FAO, Josef Schmidhuber, le célèbre régime à base de fruits et légumes frais, fromages et céréales, "est peu à peu abandonné" et se trouve "dans un état moribond" dans sa zone d'origine, en Europe méridionale, dans les régions d'Afrique du nord et au Proche Orient.
Les habitudes alimentaires de ces populations du pourtour méditerranéen "se sont brusquement détériorées" car elles utilisent des "revenus plus élevés pour ajouter un grand nombre de calories issues de la viande et des graisses à un régime alimentaire traditionnellement léger en protéines animales".
Ce qu'elles mangent désormais est "trop gras, trop salé et trop sucré", souligne M. Schmidhuber.
Au Liban, le surpoids touche 53 % des personnes de plus de 20 ans. On observe au pays du Cèdre de plus en plus de jeunes adeptes de la « junk food » (nourriture grasse et sucrée, sans apport nutritionnel intéressant pour l’organisme : chips, fritures diverses, gâteaux…). Ces changements de régime alimentaire investissent tout le pourtour méditerranéen. L’apport calorique quotidien a ainsi augmenté de 30% en Grèce, en Italie, en Espagne, au Portugal, à Chypre et à Malte. Dans l'ensemble de l'Europe, cet apport a augmenté de 20% en 40 ans (passant de 2.960 kcal à 3.340 kcal).
"Une prise de calories plus élevée et une dépense plus faible de ces mêmes calories font aujourd'hui de la Grèce le pays membre de l'Union européenne avec l'indice de masse corporelle moyen le plus élevé et la plus forte prévalence de surpoids et d'obésité", précise M. Schmidhuber.
Selon la FAO, les Espagnols, les Italiens et les Grecs "sont devenus les plus gros mangeurs de l'UE".
M. Schmidhuber attribue le changement des habitudes de consommation également à des facteurs tels que "le développement des supermarchés, le changement des systèmes de commercialisation, le travail des femmes qui leur laisse moins de temps pour cuisiner, et des familles qui mangent plus à l'extérieur, souvent dans des ‘fast-food’".
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