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  Tribune libre
Les partielles du Metn et de Beyrouth… des élections pour tout le Liban
Le 19 juillet 2007, Par Abdo Saad
 


Le Conseil des ministres a avalisé l’appel lancé par le ministère de l’Intérieur à l’électorat de la deuxième circonscription du Mont-Liban-Metn et de la deuxième circonscription de Beyrouth (Moussaytbeh, Bauchrieh et Rmeileh) pour élire deux députés aux sièges maronite et sunnite en remplacement des deux députés martyrs Pierre Gemayel et Walid Eido. Cette courte étude se propose, à travers l’exposé des résultats des élections de 2005 dans ces mêmes circonscriptions, de tenter de faire des projections et pronostics quant aux élections partielles prévues, dans l’hypothèse d’une participation de toutes les forces politiques- candidats et électeurs entendus.

Le Metn

La carte politique du caza du Metn est considérée comme la plus diversifiée et la plus équilibrée des circonscriptions électorales au Liban. Le Metn est en effet un caza qui abrite des forces politiques multiples, au premier rang desquelles le parti des Phalanges et des Gemayel, le Parti National Syrien et le parti Tachnak. Il constitue de même le berceau des leaderships historiques des Lahoud et des Murr et accueille une forte présence- nouvelle- du Courant Patriotique Libre et celle de nombreuses autres forces politiques telles celles des Moukheiber et des Forces Libanaises.
Les élections parlementaires dans ce caza ont enregistré en 2005 le plus fort taux de participation populaire qu’il ait jamais connu depuis 1960, date à laquelle le Metn est devenu une circonscription électorale dans les frontières actuelles que nous lui connaissons. Ce taux, qui atteint en 2005 les 51,2%, est supérieur à celui enregistré lors des élections de 1972 (50,9%). Toutes les forces politiques traditionnelles, en plus des forces émergeantes, ont participé au dernier tour. Deux listes se sont alors affrontées : la liste de « la réforme et du changement » (qui a regroupé une alliance entre le CPL et le parti de Michel el Murr, aux côtés du parti Tachnak) et celle de « l’opposition » (qui a réuni les Phalanges, le Mouvement du Renouveau, les FL, le Parti Communiste ainsi que des forces locales).
Une différente a été enregistrée, le Parti National Social Syrien ayant conduit pour la première fois ces élections tout seul, après avoir échoué à dissuader le Général Michel Aoun d’inscrire le candidat du parti sur la liste de la « réforme et du changement ».
Toutefois, malgré cela, il un troc de voix s’est produit entre les deux parties, notamment pour ce qui est du député Michel el Murr et du candidat du parti Tachnak.
Ces élections dans le Metn se sont déroulées dans un climat d’effervescence et de militantisme quasiment sans précédent. La liste de la « réforme et du changement » y aremporté une victoire à la fois large et inattendue, les élus de la liste ayant emporté environ 56840 voix (pour le député Ibrahim Kenaan) et 48662 voix (pour le député Michel el Murr), contre 29421 voix (pour le député décédé Pierre Gemayel) et 19683 voix (pour le candidat Michel Akl).De plus, l’écart entre le dernier de la liste de la « réforme et du changement » et le premier sur la liste de « l’opposition » a dépassé les 23% des voix des votants, ce qui correspond à environ 20000 voix.
Il convient de noter que Ibrahim Kenaan a réuni environ 65,8% des voix de l’électorat chrétien autre qu’arménien, alors que Pierre Gemayel n’en a réuni qu’environ 39%, ce qui signifie que même sans les voix de l’électorat arménien l’écart serait resté grand.

Il n’est pas possible de prédire les résultats des élections parlementaires dans le Metn, dans le cas où elles ont lieu et où elles sont conduites par l’opposition et par les loyalistes, et d’affirmer qu’ils seront les mêmes que lors des élections de 2005. Il reste qu’un sondage réalisé fin octobre 2006 par le Centre de Beyrouth pour la Recherche et l’Information dans le caza du Metn a donné largement pour favori l’opposition, l’appui qui lui a été apporté ayant atteint un taux de 63% contre 37% pour les loyalistes. Et malgré les nombreux développements politiques depuis, qui ont peut-être affecté de façon négative la proposition du soutien apporté à l’opposition, il est peu probable que le rapport s’inverse. Il est toutefois important de souligner que toute projection soucieuse de précision requiert de nouvelles études statistiques évaluant les forces politiques en présence.
Mais ce qui est quasi certain c’est que, pour le cas où opposition et loyalistes entrent sérieusement en compétition, le taux de participation sera le plus élevé dans l’histoire des élections parlementaires partielles au Liban, comparé au taux de participations lors des élections générales (les élections partielles du Metn en 2002, avec un taux de 46,1%, ont enregistré la plus forte participation jusque-là).
Il est également possible de dire de façon tranchée que ces élections, si elles sont conduites par l’opposition, seront marquées, au niveau national, du nord au sud, par le plus grand intérêt en raison de l’alignement politiques des l’ensemble des Libanais.

Deuxième circonscription de Beyrouth

Les élections dans la deuxième circonscription de Beyrouth, en 2005, se sont déroulées à l’ombre d’un boycott de forces politiques (candidats et électeurs entendus) au premier rang desquelles le CPL, le « Cercle National du Travail », le parti Tachnak, le parti du « Dialogue National », et d’autres encore, ce qui a entraîné une baisse de la participation à environ 30,8%(taux de participation arménienne de l’ordre de 4% ; taux de participation chrétienne de l’ordre de 17% contre 30% en 2000).
Malgré la baisse du taux de participation dans cette circonscription, la bataille a été des plus rudes parmi celles des trois circonscriptions de Beyrouth en raison de la multitude des candidats et du peu de sièges pourvus d’office, de même qu’en raison de l’âpreté relative de la concurrence, notamment pour ce qui est du siège orthodoxe pour lequel ont concouru deux candidats du Courant du Futur face à l’ancien député Adnan Arakji et du candidat de « L’Association des Œuvres de Bienfaisance Islamique », Badr el Tabech.
Une seul liste, constituée de cinq candidats, s’est formée dans cette circonscription, incluyant quatre candidats du Courant du Futur ( feu Walid Eido, Bahij Tabbara, Atef Majdalany et Nabil de Freje) et un candidat du Hezbollah, Amine Cherry, comme partie de l’entente de « l’Alliance Quadripartite ». Les autres ont conduit séparément leur bataille électorale, en dépit de la coopération et du troc de voix qui s’est opéré entre eux.

L’un des faits les plus notables des élections de 2005 au Liban a été la non-conformité à la liste de rassemblement des électeurs chiites. Le peu de voix chiites recueillies par les candidats du Courant du Futur a amené des dirigeants de ce parti à accuser le Hezbollah de « trahison électorale », ce qui a conduit la direction du Hezbollah, et à sa tête son secrétaire général Hassan Nasrallah, à mener une campagne de mobilisation sans précédent pour inciter les partisans du Hezbollah à voter pour toute la liste de « l’Unité de la Montagne ». Le plus probable est que ce sont les conséquences indirectes de l’attitude chiite dans la deuxième circonscription beyrouthine qui ont permis la victoire de toute la liste de « l’Unité de la Montagne » dans la circonscription de Baabda-Aley, ce qui a conduit à la formation d’une majorité parlementaire.

Lors du dernier sondage réalisé par le Centre de Beyrouth pour la Recherche et l’Information en octobre dernier, il est apparu que le Courant du Futur a réuni 80% des voix des sunnites, lesquels représentent environ 40% du nombre des votants dans cette circonscription, alors que les chiites n’en représentent que 22%...
 
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