Sur l’artère principale de Tarek el-Jadidé, les portraits de l’actuel chef de la majorité parlementaire Saad Hariri et de son père, l’ancien premier ministre assassiné Rafic Hariri, côtoient les drapeaux bleus du Courant du Futur. Ce quartier à majorité sunnite a été le théâtre de violents combats armés entre sunnites et chiites à Beyrouth en mai dernier. Bien avant ces affrontements, Tarek el Jadidé était déjà emblématique des tensions entre ces deux communautés dans la capitale libanaise. Dans ce quartier où l’opinion est majoritairement anti-syrienne, les habitants soutiennent presque unanimement Saad Hariri. Le dirigeant du Courant du Futur qui bénéficie de l’appui de l’occident et de l’Arabie Saoudite n’a pas réagi à la visite en Syrie de Nicolas Sarkozy, à Damas les 3 et 4 septembre pour rencontrer son homologue Bachar el Assad et amorcer un rapprochement entre les deux pays. A Tarek el-Jadidé, la visite annoncée de Nicolas Sarkozy en Syrie est malgré tout bien accueillie. « La politique de la France au Moyen-Orient a toujours été bonne car elle a toujours servi les intérêts du monde arabe. La rencontre entre Bachar el Assad et le président français ne peut être que positive pour la région », lance Youssef, 40 ans. Ce bijoutier se dit persuadé que la visite de M. Sarkozy permettra d’apaiser les tensions au Liban. « Il faut que les deux présidents discutent de notre pays, et qu’ils trouvent un moyen de mettre fin à tout ce qui nous fait souffrir ici ».