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  Reportage
A Tripoli, les combats ont transformé Bakkar en quartier fantôme
TRIPOLI, Par Rima Abushakra
AFP - Le 28 juillet 2008
 
Certains quartiers de Tripoli ont connu ces derniers jours de violents combats entre sunnites et alaouites. Leurs habitants fuient les violences qui ont fait neuf morts et abouti, pour la quatrième fois depuis le mois de juin, au déploiement de l’armée.
 

reportage
Crédit photo: AFP
Le linge pend encore aux balcons, les portes des appartements sont ouvertes, mais il n'y a pas âme qui vive à Al-Bakkar, transformé en quartier fantôme à la suite des violents combats qui viennent de faire neuf morts en deux jours à Tripoli, dans le nord du Liban. "J'ai fui la maison vendredi avec ma femme et nos quatre enfants. Entre-temps, l'appartement a totalement brûlé, ainsi que les meubles, l'électroménager et même nos vêtements", déclare à l'AFP Zoheir Moslemani. "J'ai travaillé dur pendant neuf ans au Nigeria pour faire construire cette maison. Tout est parti en fumée", déplore cet homme de 35 ans. Il balaie du regard les murs noircis de sa maison située dans le quartier majoritairement sunnite de Bakkar, qui, avec celui de Chaarani, est plus connu comme site du "Projet Hariri", du nom de l'ex-Premier ministre assassiné Rafic Hariri qui y avait fait construire un complexe immobilier. Autour de lui, les immeubles sont déserts et personne ne s'aventure dans la rue. Un silence écrasant a remplacé le chahut d'enfants jouant au football ou la cacophonie des résidents s'interpellant. Les habitants ont fui les violents combats ayant opposé sunnites et alaouites, issus d'une branche du chiisme, qui ont fait neuf morts depuis leur déclenchement dans la nuit de jeudi à vendredi. Ces derniers combats portent à 23 le nombre de décès dans les affrontements qui se renouvellent périodiquement depuis juin.

Fatema al-Kawwas, 64 ans, a aussi fui avec ses quatre enfants sa maison de Chaarani. L'appartement, touché depuis par une roquette, est devenu inhabitable. "Même si je touche des dédommagements, je n'y reviendrai jamais, à moins d'être sûre à 100% que les combats ne reprendront pas", affirme-t-elle.
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