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  Reportage
A Tripoli, la hache de guerre n'est pas enterrée entre alaouites et sunnites
TRIPOLI, Par Lamia RADI
AFP - Le 12 juillet 2008
 
La roquette qui a transpercé l'appartement a fait fondre le métal de l'horloge sur le mur. Au milieu de ses meubles carbonisés, Aziza Hamza croit que la cohabitation n'est plus possible après les derniers affrontements entre sunnites et alaouites à Tripoli.
 

reportage
Crédit photo: AFP PHOTO/RAMZI HAIDAR
Au-dessus de la tête de Aziza, les lames du ventilateur pendent du plafond comme une corolle de pétales fanés. Elle a eu la vie sauve pour avoir fui avec sa famille mardi soir, quelques heures avant le début des tirs dans la grande ville du nord du Liban.

"Je dois partir, ce n'est plus possible de vivre ensemble, mais je ne sais pas où aller", dit-elle.
Elle vivait depuis 30 ans avec son mari et ses sept enfants dans cet étroit deux-pièces du quartier alaouite de Jabal Mohsen, situé en première ligne des combats qui ont opposé ses militants à ceux du quartier à forte majorité sunnite de Bab al-Tebbaneh.

Les antagonismes entre les deux communautés ne datent pas d'aujourd'hui, mais du temps de la guerre civile (1975-1990). A cette époque, Bab al-Tebbaneh était devenue un refuge pour des habitants de la ville syrienne de Homa, rasée en 1982 par le régime de l'ancien président Hafez al-Assad à la suite d'une insurrection islamiste.

Le quartier était également loyal au leader palestinien Yasser Arafat, le grand rival du dirigeant syrien au Liban. En 1986, les forces syriennes, qui occupaient le Liban, pénètrent à Bab al-Tebbaneh et tuent 300 personnes, avec l'aide des alaouites de Tripoli.
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