"Il n'y a plus d'alaouites ici, nous les avons chassés"
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| Crédit photo: AFP PHOTO/RAMZI HAIDAR |
La proximité géographique entre les deux communautés rend la situation encore plus sensible. La rue de Syrie est la ligne de démarcation et des commerces appartenant à des sunnites se situent en contrebas de Jabal Mohsen, une colline densément peuplée. Un autre quartier sunnite, al Qobbé, est enclavé dans le fief alaouite. Ses immeubles sont déserts après la fuite des habitants.
Des deux côtés, les affrontements récurrents depuis juin et qui ont fait 13 morts et une centaine de blessés ont entraîné un déplacement de population. "Il n'y a plus d'alaouites ici, nous les avons chassés", affirme Abou Arabi, un combattant de Bab al-Tebbaneh, d'un ton triomphant. "Ils vivaient parmi nous, mangeaient avec nous, puis dès que des heurts éclataient, ils montaient à Jabal Mohsen pour nous tirer dessus", poursuit-il. "Ce sont eux qui ont commencé. Nous, les sunnites, sommes la cible de ces alaouites loyaux à la Syrie, à l'Iran et à ce satan de Hassan Nasrallah" le dirigeant du Hezbollah, clame le militant.
Ils accusent Damas, Téhéran et le Hezbollah d'armer "massivement" les alaouites. "Nous devons vendre les bijoux de nos femmes et nos meubles pour acheter des armes pour nous défendre", affirme Abou Mansour, un autre combattant sunnite. "L'armement des sunnites est sûrement financé par une partie étrangère, comme l'Arabie saoudite", alliée de la majorité, rétorque à l'AFP le dirigeant alaouite Rifaat Eid, responsable politique du Parti démocratique arabe, qui représente la communauté. "Une cartouche coûte deux dollars. Impossible donc qu'un père de famille ayant un revenu mensuel de 300 dollars environ s'achète des armes sans des fonds étrangers", ajoute-t-il.
"Nous sommes avec toute partie qui lutte contre l'ennemi sioniste", dit-il en référence à son alliance avec la Syrie et le Hezbollah, entouré de portraits de Hafez al-Assad et du président libanais Michel Sleimane. Il assure cependant qu'"aucun combattant alaouite n'a été entraîné par le Hezbollah".
"Je n'ai même jamais serré la main à un Iranien, car je n'en connais aucun", souligne-t-il.
"Posséder une arme relève du folklore au Liban. Rien n'est plus simple que de s'en procurer car l'Etat n'a aucune emprise. Nous possédons beaucoup d'armes car nous sommes une minorité menacée, admet-il. Nous ne sommes que 50.000, entourés de 500.000 sunnites".