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  Reportage
Habitants et militants à Tripoli fustigent la passivité de l'armée libanaise
TRIPOLI, Par Lamia RADI
AFP - Le 11 juillet 2008
 
"Regardez les soldats: ils trônent sur les chars, gonflent leurs biceps mais ne lèvent pas le petit doigt", s'écrie Abou Mohammed, furieux de voir l'armée libanaise passive face aux combats meurtriers entre groupes rivaux qui ont secoué Tripoli, dans le nord du pays. Abou Mohammad n'est pas le seul en colère, puisque les deux camps rivaux, sunnites et alaouites, pressent également l'armée d'intervenir fermement contre toute personne armée, afin de mettre un terme aux violences qui ont fait quatre morts et 58 blessés depuis mardi soir.
 

reportage
Crédit photo: AFP PHOTO/RAMZI HAIDAR
Une dizaine de chars et de véhicules blindés pénètrent dans la rue de Syrie, dans le quartier populaire de Bab al-Tebbaneh, et passent devant les maisons et magasins criblés de balles et d'impacts de roquettes. Certains, attaqués juste avant l'arrivée des militaires, sont encore en flammes.

La rue porte les stigmates des combats qui ont opposé ces deux derniers jours le quartier à forte majorité sunnite de Bab al-Tebbaneh à celui de Jabal Mohsen, fief des Alaouites (une branche du chiisme) fidèle au Hezbollah, chef de file de l'opposition et à la Syrie qui le soutient.

Sur le sol, jonché de douilles et de mégots de cigarettes, les éclats de vitres craquent sous les pieds, au milieu d'une fuite d'eau depuis une maison dévastée.

Abou Mohammad, un septuagénaire à la barbiche blanche habite à Bab al-Tebbaneh depuis 52 ans. Il accuse l'armée d'être une "institution politique et non militaire". "Le problème de l'armée est que ses actes sont dictés par les intérêts des politiciens et en l'absence d'un gouvernement fort et uni, cette armée est tiraillée entre les différents courants et ne peut donc intervenir", explique-t-il.
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