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  Reportage
Dans la montagne, les villages druzes sont encore sous le choc des combats
Par Rima Abushakra
Le 13 mai 2008
 
Ce week end, les affrontements entre des militants de la communauté druze appartenant à la majorité parlementaire et les combattants du Hezbollah chiite, qui mène l'opposition, ont fait rage dans la montagne au sud est de Beyrouth, faisant au moins une quinzaine de morts et de nombreux blessés. Après la fin des combats, retour dans une région où cohabitent depuis des années les communautés druzes et chiites.
 

reportage
Crédit photo: AFP
« Nous sommes encore effarés par l'horreur que nous avons traversée », dit Nada, 49 ans, qui s'est cachée dimanche dans une cage d'escalier pendant quatre heures pour échapper aux combats faisant rage autour de sa maison à Choueifat, un village druze au sud-est de Beyrouth. Cheikh Abdallah al-Khishn, fonctionnaire à Choueifat, déclare à l'AFP : « Je pense qu'ils ont dû se perdre en se rendant à Tel-Aviv, mais nous leur pardonnons ». Il fait référence aux combattants du Hezbollah, qui affirme que sa résistance armée ne vise que l'Etat hébreu. A Choueifat, les bâtiments sont criblés de balles et des carcasses de voitures brûlées jonchent le bord de la route. Certains habitants montrent également dans les murs des trous béants causés par des roquettes. Dans certains foyers, investis par des militants chiites, des portraits du dirigeant druze Walid Joumblatt, membre de la majorité antisyrienne, ont été lacérés à coups de couteau.

Nivine Naïm, 28 ans, raconte quant à elle qu'une roquette a traversé sa maison, ébranlant sa demeure et terrifiant sa fille de cinq ans, qui s'est cachée sous son lit. « Nous ne savions pas quoi faire. Que pouvais-je dire à ma fille? » déclare-t-elle. « Est-ce que tu vois des juifs ici? Hassan Nasrallah (le chef du Hezbollah) essaie-t-il de libérer les fermes de Chebaa à partir d'ici? », demande-t-elle, en allusion à une région au sud-est du Liban occupée par Israël. Au premier étage, l'odeur de la poudre à canon est étouffante. Les murs noircis, les fenêtres brisées et les meubles réduits en cendres témoignent de l'intensité des bombardements. « Comment pourrons-nous croire à nouveau que leurs armes sont ici pour nous protéger? », déclare Mme Naïm en inspectant les dégâts. Firas, 28 ans, résident de Choueifat, raconte : « Nous n'avions que nos armes personnelles tandis qu'ils tiraient sur nous avec des M-16 et des roquettes ».
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