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Rafic Bahaa Edine Hariri est né en novembre 1944. Marié à Nazek Audi Hariri, ce « self-made man », milliardaire et business tycoon, a été cinq fois Premier ministre du Liban (sur la période 1992-1998 et 2000-2004), avant sa dernière démission le 20 octobre 2004. Né à Saïda dans une famille modeste, Hariri a suivi l’école élémentaire et secondaire de sa ville et poursuit ses études de business administration à l’Université arabe de Beyrouth.
Après avoir travaillé en tant que professeur, il quitte le Liban en 1965 pour travailler en Arabie Saoudite pour une compagnie de construction. Là, il épouse Nazik Audeh cette même année. En 1969, il crée sa propre compagnie de construction Ciconest.
En 1978, Hariri devient citoyen d’Arabie Saoudite, une récompense octroyée par la famille royale saoudienne pour la qualité de ses activités de chef d’entreprise. Il devient le représentant du royaume au Liban. Hariri continue ensuite à progresser jusqu’à devenir l’entrepreneur leader d’Arabie Saoudite, faisant l’acquisition d’Oger en 1979 et fondant Oger International à Paris.
Ses intérêts s’étendent à travers le secteur bancaire, l’immobilier, le pétrole, l’industrie et les télécommunications. Rafic et Nazik Hariri ont eu sept enfants et sept petits-enfants.
Pendant la guerre civile libanaise, il joue un rôle important. En 1982, il fait un don de 12 millions de dollars aux Libanais victime de l’invasion israélienne. Il joue également un rôle majeur dans l’organisation et le financement des Accords de Taëf en 1989, qui mettent fin à quinze ans de guerre civile.
En 1993, il fonde à Beyrouth une chaîne de télévision, la Future TV, en plus des parts qu’il possède déjà dans plusieurs journaux libanais, dans ce que certains ont considéré comme une tentative de contrôler les médias. Il fonde également son propre journal, Al Mustaqbal (le futur). L’ancien Premier ministre était aussi le plus important actionnaire de Solidere, la compagnie qui a, seule, transformé et rénové le centre-ville. Lors de son retour au Liban en 1992 en tant que Premier ministre, Hariri est considéré comme un sauveur, indépendant des milices libanaises qui ont tourmenté les Libanais pendant près de dix ans. Il remet le pays à flot financièrement par l’émission d’Eurobonds, et gagne les félicitations de la Banque mondiale pour son plan d’emprunt et de demande d’argent pour la reconstruction. Mais son bilan économique est mixte : sa tactique d’emprunter pour construire laisse une dette publique massive et un déficit budgétaire, qui entraînèrent une hausse des taux d’intérêt et un ralentissement de la croissance. On lui a aussi reproché de négliger les classes sociales les moins favorisées de toute la société libanaise et de se concentrer sur les classes moyennes et supérieures. Après la prorogation du mandat du Président Emile Lahoud, Hariri démissionne de son poste de Premier Ministre fin octobre 2004.
Le 14 février 2005, il est assassiné avec seize autres personnes, quand l’équivalent de 300 kg de C4 explosent au passage de son cortège s’automobiles près de l’hôtel St Georges à Beyrouth. La Communauté internationale (et de nombreux Libanais), exerce alors des pressions dans toutes les directions pour pousser le gouvernement libanais à entreprendre sur cet assassinat une enquête en faisant appel à des parties internationales neutres. Aujourd’hui, dans l’ensemble, les pays occidentaux appuient la création d’un tribunal international pour juger cet assassinat.
Hariri a apporté beaucoup de choses au Liban. Parmi les plus remarquables, il y a le fait qu’il a offert une éducation à quelque 40 000 étudiants libanais de toutes confessions, à l’intérieur et à l’extérieur du Liban. Il a dépensé des millions de dollars de sa propre poche pour redéfinir la hiérarchie sociale au Liban. Il a distribué de l’argent à des organisations et des fonds caritatifs. Il a travaillé pour l’unité entre les différents groupes religieux et ethniques. Il a également travaillé pour la reconstruction.
En tant qu’homme de renommée internationale, comptant parmi ses proches amis des présidents et des rois, Hariri a été comparé au Président Camille Chamoun. Il avait notamment une relation d’amitié avec le Président français Jacques Chirac, qui joua en faveur du Liban, notamment en aidant à mettre un terme à l’attaque israélienne au Liban en 1996. Après son assassinat, sa relation avec Chirac a eu une influence dans l’attitude de la France envers le Liban.
Le saviez-vous ?
Dans les années 80, Hariri est entré dans le Forbes top 100. En 2003, dans son palmarès des plus grosses fortunes, Forbes a estimé Hariri à 3,8 milliards de dollars. Rafic Hariri avait des intérêts qui s’étendaient de Ryad à Houston, en passant par Paris. Son fils Saad dirige aujourd’hui l’entreprise saoudienne Oger, un conglomérat de construction d’une valeur de 3,15 milliards de dollars (en terme de ventes). Oger a payé 375 millions de dollars pour augmenter son niveau de propriété dans la Banque arabe, afin de laisser dehors les investisseurs arabo américains intéressés.
En 1990, à l’occasion de la remise de diplôme pour son fils Bahaa à l’Université de Boston, Hariri a offert le bâtiment qui devint The Rafik B. Hariri Building, pour abriter l’école universitaire de Management de Boston. |