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iloubnan.info > Politique > Toutes les interviews > Walid Maalouf, le « parrain » de la Résolution 1559, dans une interview exclusive à iloubnan.info
  Raccourcis
  Interview
Walid Maalouf, le « parrain » de la Résolution 1559, dans une interview exclusive à iloubnan.info
Le 15 juillet 2008, Par George Eid
 
Certains le désignent comme « le parrain de la Résolution 1559 », d’autres se souviennent de lui comme de l’homme qui a fait face au délégué syrien aux Nations Unies en se faisant l’avocat du Liban. Plusieurs Américains l’identifient comme le Libanais nommé aux Nations Unies par le Président Bush. Toutefois, ce qui compte le plus pour Walid Maalouf, c’est d’être tout simplement considéré comme « un libanais ». Au cours d’une visite discrète au Liban, iloubnan.info a obtenu avec lui un entretien exclusif. Directeur de la Diplomatie publique pour les affaires du Moyen-Orient et de la MEPI), il a lors de cette discussion évoqué la période de travail post-résolution 1559 et a dévoilé la publication d’un nouveau livre en 2009.
 


iloubnan.info: comment a commencé votre carrière ?
Walid Maalouf : En premier lieu, j’ai reçu une bourse d’études de l’école catholique au Nord de la Caroline. Au début, j’ai mis du temps à recevoir la bourse, parce que l’ambassade ne me donnait pas le Visa. Je suis allé une énième fois à l’ambassade américaine en disant à mon père que ce serait ma dernière tentative, que je reçoive le visa ou non, cela m’était égal. Mais ca a marché. Je me souviens que le consulaire m’avait demandé : « pourquoi t’ont-ils donné la bourse d’études ? Plusieurs Américains voulaient la recevoir aussi mais ils ne l’ont pas eue ». Je lui ai répondu qu’il fallait contacter la bonne sœur qui m’avait envoyé la bourse et lui poser la question.

Quels étaient les défis à relever aux Etats-Unis en tant que Libanais ?

En fait, je me suis adapté facilement. D’ailleurs, nombreux sont les gens qui ont émigré vers les Etats-Unis et qui se sont aisément adaptés. Je vais vous dire quelque chose : en premier lieu, l’émigration des libanais vers les Etats-Unis a commencé au début de années 1800, ce qui veut dire que notre émigration est ancienne tout comme celles des irlandais et des italiens. Nous avons alors une communauté de très longue date dans le pays, et quand un libanais est appelé à y aller, il est reçu par les membres de sa famille ou ses amis qui se trouvent là-bas. C’est une des raisons qui facilite donc l’émigration des libanais vers les Etats-Unis. En second lieu, si un chrétien part pour les Etats-Unis, il profitera de la liberté de pensée dans cette libre société. En fait, plusieurs Libanais se sont convertis en Mormons ou protestants et même certains druzes sont devenus protestants.
L’idée que je veux éclaircir est que nous, les musulmans, les chrétiens et les druzes, sommes des communautés décontractées tant que personnes ne se mêlent dans nos propres affaires, parce que une fois elles le font, nous devenons insupportables.

Quel est selon vous votre plus grande réussite ?
En un mot, la plus belle chose que j’aie jamais faite et qui m’a vraiment satisfaite, c’est de représenter le Liban aux Nations Unies. J’ai senti que je le faisais pour chaque libanais et non pas pour moi-même.

Certains disent que vous êtes le parrain de la résolution 1559 qui a lancé la révolution des cèdres. Est-que vous pouvez nous en parler ?
La seule chose que je peux vous dire en ce moment, même si j’aurais préféré ne pas l’évoquer pour qu’elle soit révélée par l’histoire elle-même, c’est que la résolution 1559 a été proposée et développée par le gouvernement des Etats-Unis sous la direction du Président Bush et du gouvernement français. Elle était proposée par les Français, les Américains et les Britanniques dans une résolution du Conseil de Sécurité; elle a été ratifiée par une majorité de 9 voix. C’est une grande réussite pour le Liban, pour lui seul et pour chaque Libanais qui réclame la liberté, la démocratie et l’indépendance car c’est un document qui précisément assure au Liban sa liberté. Suivent les résolutions 1680 et 1701. Les libanais doivent être fiers de cet accomplissement.

Selon vous, quelles sont les échecs et les réussites de la révolution des cèdres ?
Je ne pense pas que la révolution des cèdres a échoué. Selon moi, elle n’a pas échoué et n’échouera jamais tant qu’il y existe un Libanais qui revendique un Liban libre et démocrate.

Y a-t-il des négociations en cours concernant le rôle futur et possible de la Syrie au Liban ?
La Syrie ne jouera plus un rôle majeur dans la politique interne au Liban. Je pense que le soutien de la Communauté Internationale accordé au Liban, au gouvernement libanais et à l’indépendance et à la liberté des Libanais était un message important pour tous les pouvoirs régionaux : le Liban doit être un Etat indépendant. La preuve en est l’élection du Président Sleimane, élu par le parlement libanais et par le monde entier. Cela nous permet de confirmer que la Communauté Internationale aimerait voir dans le Liban un Etat libre et stable. Il se peut que la route ne soit pas facile à parcourir, elle est longue, mais nous sommes quand même en train d’atteindre notre but, grâce à l’engagement de la Communauté Internationale envers le Liban, à celui du Président Bush et enfin à la liberté dans la région. » ?

Peut-on considérer l’accord de Doha comme étant un retrait iranien ?
Tant que vous avez une stabilité, que les institutions libanaises accomplissent leur rôle correctement, que les Libanais luttent économiquement, que la paix est la et qu’il n’y a pas de conflit, les terroristes n’auront pas de chances parce que cela va a l’encontre de leurs idéologies. Les terroristes veulent que le Liban soit instable et réclament une intervention régionale.

Aujourd’hui la formation du gouvernement est difficile. Quelles sont selon vous les raisons de cette difficulté ?
Je ne peux pas savoir qui est derrière cette obstruction. Mais, j’espère que le délai des élections présidentielles libanaises et celui de la formation du gouvernement libanais- un gouvernement que chaque libanais attend- aboutira a une situation qui permettra aux Libanais de regarder devant eux. Mais les Libanais doivent savoir qui est en train de poser ces difficultés. En outre, ils doivent se rendre compte qu’ils doivent avoir un nouveau cadre de députés et un nouveau gouvernement avec de nouvelles idées qui aboutiront avec les élections de 2009. En effet, les politiciens libanais ont échoué auparavant et ils continuent à le faire en ce qui concerne la garantie de l’espoir et du futur des Libanais. Il revient à ces derniers de « modeler » leurs politiciens à leur guise dans les années à venir.

Est-ce que vous pouvez nous parler de votre livre book “ How Many Times… I Told you – Reflections, Memories and Hope for Lebanon…”? (« Combien de fois… je vous ai dit - Réflexions, Mémoires et espoir pour le Liban…’)
Ce livre est un recueil de pensées que j’avais écrit entre 1980 et 1993-1994. Je l’ai écrit en tant qu’émigrant ayant quitté le Liban avec hésitation. Je l’ai écrit avec beaucoup de nostalgie. J’avais gardé les articles que j’ai rédigés dans plusieurs journaux à l’étranger, je m’étais promis de les éditer dans un livre. D’autre part, le destin m’a énormément aidé, j’étais désigné par le Président Bush au sein des Nations Unies, où j’ai fait face au délégué syrien et senti par la suite que j’avais représenté le Liban. J’ai donc voulu écrire à propos de cette période. Dans ce livre, j’ai retransmis ce que les journaux ont écrit sur moi, et dans les derniers articles j’ai rédigé mes pensées en tant que Libanais au sein du gouvernement américain.

Certains accusent Walid Maalouf de soutenir les Etats-Unis plutôt que le Liban, qu’est ce que vous en pensez ?
J’ai vécu 29 ans aux Etats-Unis et l’Amérique m’a vraiment aidé. Toutefois, elle ne m’a pas tout offert sur un plateau : j’ai beaucoup travaillé et Georges Bush a entendu parler de moi grâce à mes contacts. C’est alors qu’il a décidé de me désigner au sein des Nations Unies. Je suis le second Libanais, né au Liban, désigné par le Président américain. Quel est le problème dans cette affaire ? Cela veut dire que je ne suis plus un Libanais si le Président des Etats-Unis m’a désigné et si j’ai travaillé pour le bien du Liban ? Pourquoi l’Américain juif a t-il le droit d’aider Israël ? Alors que moi je suis un Libanais qui a vécu en Amérique tout comme lui et que j’aide le Liban. N’ai-je pas le droit de le faire ? Si la Syrie n’aime pas cela et bien je l’invite à introduire des hommes de nationalité syrienne et qui résident aux Etats-Unis pour l’aider. Enfin, tant qu’ils me critiquent comme ils le font maintenant, cela veut dire que je représente quelque chose avec force. Je demande aux Libanais de lire cette interview, d’acheter le livre et de découvrir qui est Walid Maalouf et ce qu’il a fait pour le Liban.

Nous savons que vous êtes en train de préparer un nouveau livre qui sera publié en 2009. Pouvez-vous nous en parler ?
Ce livre n’est pas entièrement le mien ; je collabore avec plusieurs auteurs. Je ne n’ai pas la date exacte de sa publication. Il traitera de la politique des Etats-Unis au Liban. Nous essayons de découvrir la cause du changement de leur politique, 30 ans après avoir vendu la démocratie et la liberté du Liban à la Syrie.

Quel est votre message pour le peuple libanais et pour la Diaspora libanaise ?
Ils ont beaucoup de responsabilités à assumer. Ils doivent travailler tout autrement en 2009, élire de nouveaux dirigeants au Parlement libanais et mettre fin à la mainmise de la Syrie, de l’Iran et de tout autre gouvernement autoritaire. La mainmise, ce n’est pas seulement être présent au Liban, la preuve les Syriens ne sont plus là aujourd’hui, et pourtant ils interférent encore dans les affaires libanaises. D’ici les élections de 2009, les dirigeants doivent mettre à l’écart tous ceux qui sont proches de la Syrie et de l’Iran et qui ne sont pas pro-libanais.
 
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