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Reprise du dialogue national dans un climat de crainte d'attentats
BEYROUTH, Par Rima Abushakra
AFP - Le 15 septembre 2008, 11h44
 
Le Liban s'apprête à une relance du dialogue national qui réunit à partir de mardi les principaux dirigeants politiques pour débattre notamment de la question épineuse de l'armement du Hezbollah, dans un climat de crainte de violences après un nouvel attentat.

Le président Michel Sleimane a invité au dialogue national les 14 signataires de l'accord conclu en mai à Doha et qui avait débloqué une grave crise politique opposant la majorité parlementaire soutenue par l'Occident, au camp emmené par le Hezbollah et appuyé par la Syrie et l'Iran.

Le conflit avait dégénéré en mai en combats sanglants, les pires depuis la guerre civile de 1975-1990, avant que l'accord du 21 mai permette l'élection d'un président et la formation d'un gouvernement d'union nationale où la minorité parlementaire bénéficie d'un pouvoir de blocage. L'accord signé dans la capitale du Qatar prévoit une reprise du dialogue national "pour étendre l'autorité de l'Etat sur toutes les régions du pays".

"La stratégie nationale de défense" va être le sujet principal du dialogue, a déclaré le Premier ministre, Fouad Siniora. Elle devrait définir la relation entre l'armée et le puissant mouvement chiite. Le Hezbollah est la seule formation libanaise à ne pas avoir été désarmée à la fin de la guerre civile et fut le fer de lance de la résistance contre Israël jusqu'à son retrait du Liban sud en 2000.

"Plusieurs acteurs locaux et étrangers souhaitent voir le Hezbollah désarmé, alors que le camp opposé, à l'intérieur comme à l'étranger, veut qu'il demeure armé", résumait dimanche le quotidien indépendant Al-Anwar. La majorité, qui insiste pour que seul l'Etat puisse décider des questions de guerre et de paix, avait proposé de débattre de l'armement du Hezbollah dans le cadre d'un dialogue national.

Le secrétaire général adjoint du Hezbollah, Naïm Kassem, a posé trois conditions au succès du dialogue, dans des déclarations publiées ce weekend. Que "les participants conviennent que le Liban n'a qu'un ennemi, Israël", qu'il faut construire un "État fort, juste, équilibré et capable" et que l'objectif doit être "d'assurer les ressources nécessaires à la libération de la terre et à la défense du Liban par le biais de la stratégie nationale de défense".

La reprise du dialogue a lieu dans un climat de crainte de nouveaux attentats, à la suite de l'assasinat mercredi de Saleh Aridi, un responsable au sein d'un parti pro-syrien. "La sécurité quotidienne devrait être le principal point des discussions", estime Oussama Safa, directeur du Centre libanais d'études politiques. "La stratégie nationale de défense est une question qui concerne le long terme. Ce serait une erreur de se concentrer exclusivement sur cela", déclare-t-il à l'AFP, en insistant sur le fait que "Nous avons besoin de parler du fait que les gens vivent dans la peur". Le quotidien libéral An-Nahar titrait d'ailleurs samedi : "La sécurité avant le dialogue".

En 2006, un dialogue difficile avait réuni les principaux dirigeants politiques mais avait été interrompu après le conflit entre Israël et le Hezbollah l'été de la même année.
 
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