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La "stratégie nationale de défense" sera au cœur du dialogue national
Le 10 septembre 2008, 11h22
 
Le président libanais Michel Sleimane a appelé mardi les dirigeants politiques à entamer un dialogue national le 16 septembre pour régler leurs différends.

"J'invite ceux qui ont signé l'accord de Doha et qui se sont engagés à reprendre le dialogue sous les auspices du président de la République à se réunir au palais de Baabda le 16 septembre à 11H00 (08H00 GMT)", a dit M. Sleimane à l'occasion d'un iftar, repas de rupture de jeûne du ramadan.

L'accord de Doha conclu par la majorité parlementaire antisyrienne soutenue par l'Occident et l'opposition emmenée par le Hezbollah chiite et appuyée par la Syrie et l'Iran, a débloqué une grave crise politique qui avait dégénéré en combats sanglants en mai, les pires depuis la guerre civile (1975-1990). Signé le 21 mai dernier, il a permis l'élection de M. Sleimane à la tête de l'Etat, après une vacance de six mois, puis la formation d'un gouvernement d'union nationale où l'opposition bénéficie d'une minorité de blocage, alors que la majorité des institutions de l'Etat étaient paralysées depuis fin 2006. L'accord de Doha prévoit que "le dialogue reprendra pour étendre l'autorité de l'Etat sur toutes les régions du pays".

Le dialogue devrait être axé sur l'élaboration d'une "stratégie nationale de défense" dans laquelle la relation entre l'armée et les groupes armés dans la défense du pays doit être définie, en allusion au Hezbollah, qui fut le fer de lance de la résistance contre Israël jusqu'à son retrait du Liban sud en 2000. La controverse sur l'armement du Hezbollah s'est intensifiée après l'enlèvement par ce mouvement de deux soldats israéliens en juillet 2006, ce qui a entraîné un conflit dévastateur de 34 jours entre Israël et le Hezbollah. Elle s'est encore aggravée après les violences intercommunautaires de mai au cours desquelles le Hezbollah avait pris le contrôle du secteur ouest de Beyrouth. Ces combats avaient fait 65 morts et 200 blessés.

La majorité, qui insiste pour que seul l'Etat puisse décider des questions de guerre et de paix, avait proposé de débattre de l'armement du Hezbollah dans le cadre d'un dialogue national.

En 2006, un dialogue difficile avait réuni les principaux dirigeants politiques mais avait été interrompu après le conflit entre Israël et le Hezbollah l'été de la même année. Mais en novembre 2006, la démission des ministres de l'opposition pour protester notamment contre la décision du cabinet de soutenir la formation d'un tribunal international chargé de juger les assassins de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri, tué dans un attentat  à la voiture piégée en fevrier 2005, avaient plongé le pays dans une grave crise politique. Les troupes de Damas, déployées au Liban depuis une trentaine d'années, avaient été contraintes de se retirer du Liban deux mois après cet assassinat. La majorité avait pointé du doigt la Syrie qui a démenti toute implication dans l'attentat.

L'annonce de M. Sleimane survient au lendemain de la signature d'un accord de réconciliation entre les communautés musulmanes alaouites et sunnites à Tripoli (nord), dans le but de rétablir le contrôle de l'Etat sur cette ville portuaire et mettre fin aux affrontements.

Par ailleurs, le chef de la majorité, Saad Hariri, a déclaré qu'il était ouvert à une proposition du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, à des discussions directes. "Les portes de Qoraytem (la résidence Hariri) ne sont fermées à personne", a-t-il dit à la presse. "Nous ne sommes contre aucune rencontre, particulièrement une avec cheikh Nasrallah. Nous sommes favorables à une telle rencontre mais au moment opportun". Le leader du Hezbollah a quant à lui déclaré dans un discours retransmis dimanche sur la chaine télévisée du Hezbollah, Al Manar, qu'il était prêt à rencontrer Saad Hariri "sans condition préalable".
 
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