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BEYROUTH - La presse libanaise exprimait mercredi sa crainte d’effets négatifs du sommet franco-syrien sur le Liban, où les media considèrent que la visite de Sarkozy n’apportera aucun progrès aux négociations actuelles entre Israël et la Syrie tant que les Etats Unis n’entreront pas en force dans ces négociations.
Selon le quotidien An Nahar, la visite de Sarkozy pose plusieurs questions sur ses éventuels résultats sur le dossier libanais : la principale question est de savoir si cette visite aboutira à un accord sur le Liban, ou si elle a un but économique caché sous ses objectifs politiques.
Selon Sateh Noureddine, analyste politique au quotidien As Safir, proche de l’opposition, le Liban n’est pas la raison réelle de la présence de Sarkozy à Damas.
De son côté, Samir Geagea, leader des Forces libanaises, une des branches de la coalition anti syrienne du 14 Mars, a indiqué qu’il n’avait pas peur de cette visite. Il a affirmé dans un communiqué repris par la presse libanaise que la France était « un pays ami du Liban, je n’ai aucun doute que tous les responsables français se sentent concernés par le cas de notre pays ».
Le président français lors de sa visite de deux jours à Damas doit aborder avec son homologue syrien Bachar el Assad le dossier libanais et les négociations entre Israël et la Syrie, actuellement menées indirectement via une médiation turque.
Rajeh Khoury, analyste politique au journal An Nahar, indique quant à lui ne pas se faire d’illusion sur les possibilités d’aboutir à un accord israélo-syrien sans la présence en force du garant américain. « On ne peut pas aboutir à un accord sans la bénédiction américaine », affirme-t-il, en considerant cependant que le sommet quadripartite de jeudi qui réunira à Damas le Qatar, la Turquie, la France et bien sur la Syrie impliquera également la présence en filigrane des Etats Unis. Rajeh Khoury rappelle à ce sujet que lors de sa visite en France en juillet dernier, Bachar el Assad a demandé à Nicolas Sarkozy de travailler pour que les Etats Unis parrainent des négociations israélo-syrienne après le changement d’administration américaine.
Nicolas Sarkozy avait lié son ouverture à Damas à la condition que la Syrie facilite l’élection d’un nouveau président au Liban, après une vacance de 6 mois dont la Syrie a été tenue pour responsable par l’occident. L’élection de Michel Sleimane à la présidence libanaise en mai dernier a été perçue par la France comme un signe de bonne volonté de la part de la Syrie.
Lors d’une rencontre en août dernier à Damas entre Bachar el Assad et Michel Sleimane, le Liban et la Syrie ont également convenu d’ouvrir pour la toute première fois des relations diplomatiques entre leurs deux pays.
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