TRIPOLI - Cinq personnes, dont deux femmes, ont été tuées vendredi dans des échanges de tirs entre membres des communautés sunnite et alaouite à Tripoli, dans le nord du Liban, avant l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu, a indiqué à l'AFP un responsable des services de sécurité.
Les combats, qui ont éclaté dans la nuit de jeudi à vendredi et se sont poursuivis dans l'après-midi, ont également fait 22 blessés avant de s'arrêter à 18H00 (15H00 GMT).
"Le cessez-le-feu est entré en vigueur à 18H00 exactement", a indiqué ce responsable des services de sécurité. Cette heure avait été annoncée auparavant par le député Mohamed Abdel Latif Kabbara (sunnite, issu de la majorité).
"L'armée a dépêché des renforts dans les zones de confrontation pour assurer le respect du cessez-le-feu et le commandement de l'armée s'est engagé auprès de nous à répliquer fermement à toute violation du cessez-le-feu", avait déclaré M. Kabbara à la presse.
Cinq personnes, dont deux femmes, ont été tuées dans les affrontements entre des combattants du quartier à forte majorité sunnite de Bab al-Tebbaneh et celui à majorité alaouite de Jabal Mohsen, a déclaré le responsable des services de sécurité sous couvert de l'anonymat.
Les combats avaient éclaté dans la nuit de jeudi à vendredi et s'étaient intensifiés dans la matinée, certains impliquant des roquettes de type RPG, avant de s'arrêter à l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon un correspondant de l'AFP.
Une roquette a touché un appartement situé près du marché aux légumes déclenchant un incendie dans la maison, tandis qu'une autre roquette a atteint une mosquée de Bab al-Tebbaneh.
Selon le responsable des services de sécurité, la plupart des blessés l'ont été dans des échanges de tirs, et au moins un a été touché par un tireur embusqué.
Le mufti (sunnite) du nord du Liban, Malek al-Chaar, avait annoncé plus tôt un cessez-le-feu à partir de 12H30 (09H30 GMT), au terme d'une réunion entre responsables politiques et religieux de Tripoli, mais il n'a pas été respecté.
Des haut-parleurs ont exhorté les habitants à ne pas se rendre dans les mosquées pour la prière hebdomadaire du vendredi et à prier chez eux, et les magasins sont restés fermés dans les quartiers où se déroulaient les combats.
"Nous avons fui notre foyer dans la nuit et nous nous sommes réfugiés dans une mosquée avec près de 70 autres familles", a déclaré Ali al-Cheikh, père de sept enfants.
D'autres familles qui n'ont pu fuir les zones d'affrontement se sont réfugiées dans des magasins ou des garages souterrains alors que des combattants armés se déployaient dans les rues au vu de l'armée qui n'est pas intervenue, selon le correspondant de l'AFP.
Un porte-parole de l'armée avait affirmé à l'AFP que, durant les combats, les soldats "ne pouvaient pas intervenir en raison de la densité de la population dans les quartiers touchés".
"Les activistes sont en train de tirer de l'intérieur des immeubles et l'armée ne peut pas riposter par crainte de blesser ou de tuer des civils", a-t-il expliqué.
Quatorze personnes avaient été tuées et plus de 100 blessées depuis juin dans des affrontements entre ces deux quartiers de Tripoli, où l'armée s'était déployée en force à la mi-juillet.
Bab al-Tebbaneh, à majorité sunnite, est un fief de la majorité antisyrienne alors que les habitants de Jabal Mohsen appartiennent à la communauté alaouite, une branche du chiisme, et sont des partisans du mouvement chiite Hezbollah, chef de file de l'opposition.